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Roumains en conteneur

Roumains en conteneur

Roumains traversent l’Atlantique

Des Roumains arrivés en conteneur se vident le coeur pour vivre au Québec

Aujourd’hui, Eugen Iterent, 32 ans et Dan Olaru, 30 ans, trouvent le moyen d’en rire lorsqu’ils racontent leur aventure, mais s’est le coeur serré qu’ils sont montés clandestinement dans un conteneur en Belgique pour traverser l’Atlantique et entrer en douce au Canada.

M. Iterent, ce garçon de restaurant roumain de 32 ans est débarqué à Montréal vendredi, avec 21 de ses compatriotes rates de cale comme lui, pour réclamer le statut de réfugié. Près de 200 autres ont adopté ce moyen d’immigration périlleux depuis un an.

À l’emploi d’un chic établissement de Cluj, la troisième ville de Roumaine, Iterent critiquait allègrement le régime de Ion Iliescu en servant ses clients le printemps dernier. Mal lui en prit, cependant, puisque certains étaient membres du Service roumain d’information, l’organisme qui a succédé à la Securitate, la police secrète de Ceausescu.

« Ils m’ont interpellé pour m’interroger lors d’une manifestation d’opposition aux politiques gouvernementales et quelques semaines plus tard, j’étais chômeur », raconte Iterent. « J’ai cherché du travail pendant six mois avant de me décider à partir dans le but de refaire ma vie ailleurs. »

Selon lui, le gouvernement qui a succédé au régime Ceausescu est tout aussi intolérant que celui du dictateur exécuté au milieu des cris de joie de la population roumaine. La bureaucratie communiste est toujours en place, soutient-il.

Après avoir passé un coup de fil à un copain installé à Bruxelles, il a entrepris un long périple, sans passeport, pour gagner la Belgique en passant par la Hongrie, l’Autriche et l’Allemagne. De là, il s’est rendu à la gare de Bruges où il s’est introduit dans un conteneur en partance pour Montréal.

« En ouvrant la porte du conteneur, j’ai vu qu’il était rempli de caisses à destination du Québec. J’ai rampé dans le peu d’espace qui restait pour me cacher, jusqu’à ce que les débardeurs chargent le navire le lendemain », dit Iterent.

Pour tout bagage, Iterent emportait un peu de vêtements, ainsi que de l’eau et de la nourriture pour trois jours. Son ami lui avait recommandé d’attendre assez longtemps pour s’assurer que le capitaine ne puisse rebrousser chemin une fois ses passagers clandestins découverts en haute mer.

Sa seule préoccupation, c’est de trouver du travail pour faire venir sa famille le plus tôt possible. En attendant, il se prépare à rencontrer les autorités du ministère de l’Immigration et se dit assuré de les convaincre qu’il est bel et bien un réfugié politique.

(Cela se passait le 25 octobre 1992, texte publié dans La Presse).

Vue sur le port de Montréal

Vue sur le port de Montréal

Vue sur le port de Montréal. Photo : GrandQuebec.com

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