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Restriction des prix et revenus

Restriction des prix et revenus

Restriction des prix et revenus

Une période d’austérité

Brandissant la menace de contrôles absolus des prix et des salaires, sin son appel n’est pas suivi, le premier ministre Trudeau a supplié hier, le 13 octobre 1975, tous les Canadiens de pratiquer de façon concrète la modération afin de mater l’inflation.

Sur le plan pratique, M. Trudeau a annoncé la mise sur pied d’un Bureau d’examen et de contrôle des prix et des salaires, qui aura le pouvoir d’ordonner le retrait d’une augmentation de prix ou la réduction d’une majoration de salaires.

En cas de contravention à la loi, l’Administrateur de ce bureau aura le pouvoir d’imposer des sanctions rigoureuses, selon les mots mêmes du Premier ministre. Il faudra atteindre le dépôt de la loi créant ce Bureau pour connaître de façon exacte l’étendue des pouvoirs exceptionnels qu’entend exercer Ottawa.

Cette loi sera déposée aujourd’hui. Le Premier ministre, dans une allocution télévisée hier soir, a cependant révélé les grandes lignes des directives qui s’appliquent aussi bien au gouvernement fédéral lui-même qu’aux 1500 principales entreprises du pays.

En gros, ces directives se résument comme suit :

  • Augmentation maximale des salaires fixée à 10 pour cent (8 pour cent pour annuler l’inflation et 2 pour cent de gain réel) ;
  • Maintien des prix à leur niveau actuel, selon les hausses du prix de revient étant autorisés à être traduites dans le prix de détail ;
  • Augmentation maximale des salaires et traitement fixée à $24,00 par année.

De façon générale, ces directives s’adressent à tous les citoyens, mais le Premier ministre a précisé qu’elles avaient force de lui pour les groupes suivants de contribuables:

Tous les employés fédéraux, qu’il s’agisse de ministères ou organismes de la Couronne ;
Tous les employés d’entreprises de plus de 500 employés, ainsi que ces entreprises elles-mêmes ;
Toutes les firmes de l’industrie du bâtiment ayant plus de 30 employés, ainsi que ces employés ;
Tous les professionnels qui reçoivent des honoraires, comme les médecins, les avocats, les comptables et les ingénieurs.
M. Trudeau a cependant toléré deux exceptions : d’une part, les employés dont le salaire justifie le rattrapage pourront dépasser de deux pour cent la limite permise; et d’autre part la limite minimum acceptable d’augmentation est fixée à $600 par année.

Dans le cas des prix, M. Trudeau ne fixe aucun plafond aux augmentations; la seule limite imposée est celle du coût de revient, mais il ne précise pas quelle méthode de calcul du coût de revient est préconisée par le gouvernement. Le texte de l’allocution de M. Trudeau ne précise pas si le gouvernement fédéral appliquera lui-même ses directives dans les domaines de juridiction provinciale. Il contient par contre une requête aux provinces, incitant ces dernières à endosser ces mesures et à convaincre ou forcer les municipalités à faire de même.

Malaise psychologique

M. Trudeau a maintenu sa thèse habituelle voulant que l’inflation soit causée par un dérèglement collectif. « La cause fondamentale de l’inflation, dit-il, c’est qu’un trop grand nombre de gens et de groupements essaient d’accroître leurs revenus à des taux supérieurs à celui de l’augmentation de la richesse nationale.

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Illustration : Megan Jorgensen

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