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Québec à l’assaut du terrorisme

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Québec à l’assaut du terrorisme

Observateurs politiques : un début d’État policier ?

Programme en dix points pour enrayer les attentats à la bombe

Se servant de termes d’une violence peu commune pour dénoncer “les terroristes” et “les extrémistes révolutionnaires” (mais non les séparatistes comme tels), le nouveau ministre de la justice du Québec, M. Rémi Paul, a dévoilé, le 22 août 1969, un programme en dix points pour mettre fin à la vague d’attentats à la bombe qui déferle sur le Québec, programme qui selon certains observateurs politiques constitue un début d’État policier et va à l’encontre des principes déjà énoncés dans le premier rapport de la commission d’enquête Prévost sur l’administration de la justice.

Quoi qu’il en soit, M. Paul, comme l’avait fait le gouvernement fédéral lors de la première vague terroriste en 1963, juge que la présente situation en est une d’exception.

Même si les mesures spéciales du ministre de la justice sont propres, selon certains, à donner aux corps policiers l’impression qu’ils ont carte blanche (M. Paul a lui-même avoué qu’elles pouvaient causer des inconvénients à certains citoyens honnêtes et il s’en est d’avance excusé), elles n’en n’ont pas moins été énoncés clairement lors d’une conférence de presse convoquée au Parlement québécois :

  1. Création de patrouilles spéciales qui exerceront une surveillance accrue à la fois auprès des individus soupçonnés d’actes terroristes et dans les endroits habituellement fréquentés par ce genre de personnes ;
  2. Élargissement de la brigade spéciale anti-terroriste qui, en plus de trois corps dont elle se compose déjà (Sûreté du Québec, Police de Montréal et Gendarmerie royale) obtiendra la collaboration directe de 60 autres corps policiers du Québec ;
  3. Surveillance accrue des édifices gouvernementaux provinciaux et fédéraux et appel aux hommes d’affaires et aux industriels pour qu’ils surveillent d’avantage leurs établissements (ils pourraient obtenir l’aide de la Sûreté du Québec) ;
  4. Appel aux média d’information afin qu’ils cessent de monter en épingle les attentats terroristes ;
  5. Maintien de la prime de $62000 pour toute information conduisant à la capture de terroristes ;
  6. Appel à la collaboration du public non seulement pour faire toute suggestion au ministre sur la façon de capturer les terroristes, mais également pour fournir toutes informations utiles, quel que soit l’endroit qu’elles sont glanées : réceptions, cocktails, conférences, rencontres, etc. ;
  7. Possibilité d’une loi-cadre devant permettre aux municipalités de réglementer “le droit de réunion publique extérieure” ;
  8. Contrôle accru de la vente, du transport et de l’entreposage de la dynamite au Québec (tout particulièrement des détonateurs) ;
  9. Demande au Ministère fédéral de l’immigration pour que l’on effectue une étude plus poussée des dossiers d’immigrants ;
  10. Appel à tous les corps policiers du Québec qui n’ont pas encore été consultés d’entrer en contact avec la Sûreté du Québec pour échanger de l’information et coordonner les recherches.
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Terrorisme

Ni despotisme ni terrorisme. Nous voulons le progrès en pente douce. (Victor Hugo, Les Misérables (1862). Photo : © GrandQuebec.com

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