Des nouvelles pas fraîches

Nouveau programme de français

Nouveau programme de français

Le nouveau programme de français n’apporte rien de nouveau

Les élèves du secondaire ont des problèmes en français. Leur syntaxe est abominable. Ils écrivent « à cause que » et « le téléphone que je réponds ». Ils croient que le mot assez est un verbe car il se termine par ez et ils mettent des virgules n’importe où.

Depuis quelques années, les cégeps et les universités ont multiplié les tests de français pour évaluer l’étendue des dégâts. Les résultats sont renversants. Au printemps dernier, par exemple, à peine 54% des finissants des cégeps ont réussi le test de français qui est pourtant de niveau secondaire V.

L’incompétence des élèves est flagrante et on la retrouve partout, au premier, au secondaire, au cégep et à l’université. Même les futurs enseignant ont des problèmes près du quart des diplômés des facultés des sciences de l’éducation du Québec ont échoué le test de français élaboré par la commission scolaire de Mille-Îles.

Le gouvernement a décidé de réagir et, au début de novembre, le ministre de l’éducation, Jean Garon, a annoncé qu’un nouveau programme de français entrerait en vigueur à partir de septembre 1997.

Mais ce nouveau programme n’apporte pas grand-chose de nouveau : il conserve la même « approche communicative » développée dans le programme de 1980 et qui a été tant décriée par les professeurs de français.

Prenons un élève de première secondaire qui doit écrire un texte narratif. Il doit d’abord « analyser sa situation de communication », « se situer en tant qu’émetteur », « prendre conscience des facteurs qui peuvent influer sur la production de son texte », « déterminer l’effet qu’on souhaite produire », « examiner ses conditions d’écriture », « cibler son destinataire », « déterminer les caractéristiques psychologiques, sociales, cognitives, etc. de son destinataire », etc.

« Tu fais tout ça dans une classe de 35 élèves, précise Claude Belcourt, un enseignant de français de l’école secondaire Père-Marguette, membre du comité de l’Alliance des professeurs chargé d’étudier le nouveau programme. Et par-dessus tout ça, il faut enseigner la grammaire. On va le faire, mais de façon ponctuelle, saupoudré au fil des besoins et du temps qui nous reste. Le programme est noyé par des objectifs inutiles qui font perdre de vue l’essentiel.»

La même démarche recommence si l’élève veut faire une communication orale ou lire un texte.

(Publié le 5 décembre 1995).

école gilles lamontagne

« L’éducation est un éternel recommencement. » (Carl de Souza, écrivain français). Photo. Fête nationale, école Gilles Lamontagne : © GrandQuebec.com

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