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Recours collectif contre la Croix-Rouge

Recours collectif contre la Croix-Rouge

La Croix-Rouge n'est pas au bout de ses peines

Au moins 240 personnes infectées par le virus du sida au cours d'un traitement de l'hémophilie ou d'une transfusion sanguine ont entrepris des procédures judiciaires contre la Société canadienne de la Croix-Rouge, au Québec.

Environ 220 de ces victimes sont des hémophiles qui font partie d'un groupe ayant déposé, en décembre 1991, un recours collectif en Cour supérieure du Québec. La requête en autorisation d'exercer ce recours leur a toutefois été refusée en août dernier. La cause, portée en appel, doit être entendue en février.

Mais selon un avocat de Montréal, Me Jacques Roy, le nombre de poursuites pourrait augmenter considérablement à la suite du débat actuel sur l'affaire du sang contaminé.

Le vice-président de la Société canadienne de l'hémophilie, David Page, estime quant à lui que d'autres poursuites seront probablement entamées, à mesure que les victimes ou les survivants perdront l'espoir d'indemnisations volontaires de la part des autorités.

Environ 1000 des 2300 hémophiles canadiens ont contracté le virus du sida. Au Québec, cette proportion est la même, soit 220 des 500 hémophiles. On s'entend généralement pour dire que 200 receveurs de transfusions ont été infectés par le VIH entre 1983 et 1985.

Maître Roy plaide la négligence de la Croix-Rouge. Selon lui, la Société a beaucoup trop tardé à adopter une politique d'exclusion des donneurs à risque – les homosexuels et les drogués par intraveineuse. En mars 1983, le Département de santé américain émettait une directive d'exclusion à l'endroit de ces donneurs. Mais, au Canada, ce n'est pas avant 1986 que la Croix-Rouge s'est dotée d'une pareille politique.

Entre-temps, en mars 1985, les États-Unis avaient suivi l'exemple de la Nouvelle-Zélande en filtrant tous les dons de sang avec un nouveau test, le Elisa. Le Canada a accepté ce test en novembre, huit mois plus tard. Pourquoi ce délai ? demande Me Jacques Roy.

(Texte publié dans La Presse le 10 novembre 1992)

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