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Les mémoires de Louis Cyr

Les mémoires de Louis Cyr

Les mémoires de Louis Cyr
L’homme le plus fort du monde

Au moment où le sport au Canada et dans l’univers entier s’affirme comme l’un des plus gros facteurs sociaux qu’ait jamais connu l’humanité, la Presse, après tout ce qu’elle a fait par sa propre initiative pour développer le mouvement, a le plaisir d’annoncer à ses lecteurs qu’elle va commencer incessamment la publication des Mémoires de Louis Cyr, l’homme le plus fort du monde.

Louis Cyr n’an pas rien que des muscles. Les discours dont il émaillait volontiers ses tours de force légendaires ont prouvé qu’il maniait aussi facilement la parole que les haltères et c’est ce talent oratoire chez lui que la Presse entreprend de mettre à contribution aujourd’hui pour le développement de plus en plus marqué du sport.

Huit jours durant, en sa superbe résidence de Saint-Jean-de-Matha, où il vit en gentleman farmer, Monsieur Cyr, pièces justificatives en mains pour l’édification de ses visiteurs, plutôt que pour l’évocation de ses souvenirs, a raconté sa vie par le menu aux deux représentants de la Presse qui étaient allés l’interviewer. C’est cette relation sténographiée avec le plus grand soin et transposée depuis en écriture ordinaire qui, avec le plein consentement de Monsieur Cyr donné sous sa signature, constitue les Mémoires du l’homme le plus fort au monde.

La genèse de ce document historique vaut d’être racontée dans ses détails.

Dans la dernière semaine de janvier 1908, le secrétaire de la rédaction à la Presse, M. Arthur Berthiaume, constatait que le mémoires de Pons, en cours de publication à Paris, avaient un énorme succès, et, pour l’intérêt qu’il port au sport, déplorait que rien de pareil ne put se faire au Canada.

– Mais comment donc, se récria le «city editor»; les mémoires de Cyr ne seraient-ils pas autrement intéressants que ces de Pons qui, lui, ne fut qu’un lutteur de réputation locale, avec mille et un rivaux dans le monde et plus d’un supérieur, dont Hackenschmidt, tandis que Cyr est sans contexte, sans second même, l’homme le plus fort du monde avec un record qui n’a jamais été égalé par d’autres depuis des milliers d’années et qui ne le sera peut-être pas pour des milliers d’années à venir.

Affaire entendue, déclara le secrétaire de la rédaction; qu’on aille demander à Monsieur Cyr de nous dicter ses mémoires.

Il a trop de sens sportif et patriotique pour se refuser à la tâche; nous les publierons en bonne position dans la Presse pour l’enseignement qu’ils comportent et ils constitueront pour leur auteur un véritable monument dans l’histoire.

C’est le lendemain de ce jour, 27 janvier 1908, que deux représentants de la Presse, Messieurs L. Septime Lafferrière et Albéric Bourgeois, dessinateur, prenaient la route de Saint-Jean-de-Matha pour s’acquitter de leur mission sportivo-littéraire.

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Louis Cyr lors de la Saint-Jean de 2011. Photo : © Serge Keln

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