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Maisons volent en éclats

Maisons volent en éclats

Deux maisons volent en éclats

À la suite d’explosions causée par le gaz

Deux terribles explosions ont fait voler en éclats des maisons complètes à peine à six heures d'intervalle et dans des quartiers bien différents de Montréal, au cours de la journée de samedi, le 12 avril 1930.

Dans chacun des cas, c'est le gaz d'éclairage s'échappant de conduits défectueux qui a causé l'explosion. Chaque explosion a été d'une force terrible. Les toits ont été projetés en l'air tandis que les murs ont volé en éclats et en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire la maison n'était plus qu'un monceau de débris informes. Dans les deux cas l'incendie s'est déclaré dans les débris mais a été vite mis sous contrôle.

Les personnes qui se trouvaient dans les maisons ont été ensevelies sous les débris d'où il a fallu les retirer avec peine et misère et ceux qui se trouvaient aux alentours des maisons ont été projetées à des distances considérables ou meurtris par les projectiles provenant de la maison. Les deux maisons qui ont fait explosion étaient des maisons neuves.

Première explosion

La première explosion est survenue un peu avant 1 heure, samedi après-midi, à la maison portant le numéro 1327, boulevard Saint-Joseph est. Il s'agissait d'une maison à appartements de trois étages dont la construction n'était pas encore terminée. Heureusement, il n'y avait qu'une personne dans la maison au moment de l'accident, les autres ouvriers étant tous occupés dans la maison voisine. L'homme qui était dans la maison est M. Henri Lamy, 3870, rue Saint-Hubert, et comme il se trouvait près d'une fenêtre, il a été projeté dehors et s'est relevé une vingtaine de pieds plus loin dans la rue; quand il a été relevé il souffrait de légères contusions générales et après avoir été pansé, il a pu retourner chez lui. Les dommages sont évalués aux environs de $50,000.

Seconde explosion

La seconde explosion, pour avoir causé des dommages matériels moins grands, puisqu'ils sont évalués à $12,000 environ, a été beaucoup plus grave à cause des blessures qui ont été infligées à ceux qui occupaient la maison. Ici les victimes sont au nombre de onze et quelques-uns sont dans un état grave. C'est la maison située aux numéros 5325 à 5331, 9e avenue, Rosemont, qui a été le théâtre de l'accident qui est survenu environ sept heures après la première explosion, c'est-à-dire un peu avant 8 heures samedi soir.

Il est cependant des plus étonnants qu'aucune mort n'ait été enregistrée, puisqu'il y avait plusieurs personnes dans la maison au moment de l'explosion et qu'elles ont été ensevelies dans les débris d'où les pompiers et des voisins sont parvenus à les tirer, presque au milieu des flammes, et parfois seulement après avoir soulevé des poutres entières ou des meubles tombés pêle-mêle. Un pompier a aussi été asphyxié en s'efforçant d'atteindre le conduit de gaz d'où le fluide dangereux s'échappait constamment et pouvait causer une nouvelle explosion d'une minute à l’autre.

(publié dans La Presse, le 13 avril 1930)

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