Des nouvelles pas fraîches

Organisateurs de loterie arrêtés

Organisateurs de loterie arrêtés

Organisateurs de loterie arrêtés

Le chef de la sûreté. M. Carpenter, aidé du sous-chef et des détectives Côté, Guérin, McCall, Lemieux, Laberge, Vincent, Gallagher, Richard et McLaughlin a fait irruption, hier soir, le 29 décembre 1903, dans neuf maisons de jeux connues sous le nom de "policy shops" ou loteries clandestines.

Depuis six semaines, le chef Carpentier recevait des plaintes réitérées de familles, de marchands et d'industriels.

Les mères de familles venaient en pleurant demander au chef de les aider à détourner leurs maris ou leurs fils de ces antres, où. ceux qui y entrent avec une bourse perdent tout espoir d'en sortir indemnes. Ce ne sont ordinairement que de pauvres ouvriers dont le salaire est justement suffisant pour subvenir aux besoins de leur nombreuse famille.

Dernièrement, un ouvrier alléché par le récit des opérations heureuses d'un camarade d'ouvrage, plaçait toute sa paie de la semaine dans une de ces loteries. Il arriva que dans la même semaine un de ses enfants mourut et les voisins durent se cotiser pur l'enterrer.

Une jeune commise d’une librairie de renommée fut prise, la semaine dernière, en flagrant délit de vol dans la caisse du patron. Elle jouait à la loterie. Elle a fait des aveux complets.

Les méthodes de ceux qui dirigent ces loteries prohibées sont bien connues. Ils se disent agents de maisons de Londres et des États-Unis. Ces maisons d'affaires n'existent pas. Les billets se vendent au jour le jour. Comme il est dangereux de posséder des appareils de tirage coûteux, les exploiteurs ne se servent que d'une petite roulette portative qu'ils peuvent faire disparaître dans la poche de leur pardessus à l'approche de la police. Le tirage a lieu le midi et le soir.

Le matin, c'est la compagnie dite "Phoenix": le soir, c'est la "London". De fait, ce sont les mêmes exploiteurs qui dirigent les deux loteries. Le résultat du tirage est annoncé aux abonnes au moyen de listes qui sont imprimées grossièrement au clavigraphe.

Dans le courant de l'été dernier, la police lancée aux trousses de ces escamoteurs, ne put facilement les découvrir à cause des moyens ingénieux qu'ils adoptaient pour dépister la rousse.

Le soir, les conspirateurs s'assemblaient sur le toit d'un bâtiment très élevé de la rue Saint-Laurent, et, sur le coup de 10 heures, à la clarté d'une lanterne chinoise, ils faisaient le tirage officiel. Ces méthodes étaient connues de la police mais le plus difficile était d'arriver aux joueurs et d'obtenir des preuves suffisantes pour les faire condamner.

Mais hier, la mesure était pleine ; l'heure de l'expiation était sonnée. Le chef Carpenter avec sa phalange de détectives arrêtaient une quinzaine de personnes.

Les prévenus ont nié leur culpabilité. et leur procès aura lieu plus tard.

(La Presse)

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