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Jackie Robinson

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« Montréal restera toujours gravé dans ma mémoire » (Rachel Robinson)

Pour les minorités les véritables racines du baseball remontent à Montréal, en 1945.

Cette saison-là, Jackie Robinson faisait ses débuts avec les Royaux, de la Ligue internationale.

« De cette année mémorable je me souviens surtout de la première et de la dernière journée », raconte Rachel Robinson, 73 ans, la veuve de Jackie Robinson.

« Après un printemps pénible dans le sud des États-Unis, nous sommes finalement arrivés à Montréal. »

« Je me souviens de la première journée alors qu’on a emménagé sur la rue de Gaspé. L’accueil des gens avait jeté un baume au lendemain des jours difficiles vécus dans le Sud. »

« Puis, je me souviens de la dernière journée, alors que les Royaux ont gagné la Petite Série mondiale. Ça mettait un terme à la plus belle saison de baseball », rappelait Mme Robinson.

Cinquante ans plus tard, la direction des Expos a décidé d’honorer la mémoire de Jackie Robinson, celui qui a brisé la barrière du racisme dans le baseball.

« Montréal restera pour toujours gravé dans ma mémoire. Je ne suis pas assez naïve pour croire que tout est parfait au Canada et que tout est mauvais aux États-Unis. La lutte contre le racisme a fait des progrès immenses, mais il reste encore un bout de chemin à faire. J’ai 73 ans et je n’ai pas perdu confiance en la race humaine. Je suis convaincue qu’on finira pour atteindre le but ultime », a-t-elle noté en montrant du doigt celui qui représente son avenir, son petit-fils Jessie Simms.

Le gérant Philippe Alou, considéré comme le Jackie Robinson de la République dominicaine, est bien placé pour parler de Robinson. « J’ai discuté avec Rachel Robinson. C’est une grande dame. Jackie avait besoin d’une personne forte pour l’appuyer dans cette rude épreuve.

« Elle m’a parlé de son séjour sur la rue De Gaspé. Les gens l’ont alors traité avec courtoisie que je vis depuis mon arrivée dans le quartier Saint-François, à Laval.

« Jackie Robinson a ouvert la porte aux minorités. Existe-t-il encore du racisme dans le baseball? Je ne pourrais pas l’affirmer. Du moins, les signes visibles, comme s’était le cas à mes débuts sont disparus. Les minorités ne vivent plus dans des hôtels différents, elles ne sont plus exclues des restaurants et elles n’ont plus à prendre place sur les derniers bancs des autobus. »

Le baseball a donc fait beaucoup de progrès. Il y a encore du chemin à parcourir, surtout au niveau des bureaux de direction des équipes du baseball majeur. Mais le président de la Ligue nationale, Leonard Coleman, a promis d’accélérer le processus.

(Texte publié le 26 mai 1996).

munument de jackie robinson

Monument de Jackie Robinson devant le Stade olympique de Montréal. Photo : © GrandQuebec.com

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