Conflagration à la Pointe-Claire

L'élément dévastateur anéantit une partie de ce charmant petit village. Plus de 200 personnes sans abri. L'oeuvre d'un incendiaire, dit-on.

Encore une désolante conflagration à enregistrer.

Cette fois, le terrible élément s'est attaqué au pittoresque et verdoyant village de Pointe-Claire, situé sur les bords du lac Saint-Louis et au milieu de la nuit noire a causé des dégâts considérables.

Le feu s'est déclaré, nous apprend un premier message téléphonique très laconique, chez M. Paquette, magasin actuellement inhabité.

Les flammes ne tardèrent pas à se propager et bientôt, malgré les efforts des citoyens, plusieurs résidences flambaient.

C'est vers deux heures du matin, le 22 mai 1900, que l'incendie s'est déclaré et, avertis du danger, les citoyens n'ont pas tardé à prendre les mesures les plus rapides pour combattre les flammes.

Leurs efforts tout d'abord furent vains et du secours fut mandé de Montréal.

Les flammes illuminaient l'horizon à plusieurs lieux à la ronde et à chaque minute, le danger d'une conflagration générale se dressait menaçant.

Les craintes de la population n'étaient pas futiles, car tout à coup, l'on voit les flammes, activées par le vent, se communiquer aux maisons environnantes, et force fut aux pompiers et aux citoyens de reculer devant le brasier qui agrandissait toujours son foyer de dévastation. Et au milieu de la consternation la plus profonde, de la désolation la plus pénible, on vit toute une série de résidences, de "homes" confortables, d'édifices s'écrouler dans des nuages de fumée et de feu.

Le bureau de poste et l'hôtel de ville sont aussi détruits.

C'est sur la rue de l'église que les dégâts ont été les plus considérables.

Les nombreux curieux attirés, ce matin, à la Pointe-Claire, par la nouvelle conflagration qui venait de jeter sur la route une couple de cents personnes, ne virent, en entrant dans le village aussi coquet et aussi pittoresque auparavant, que des scènes de ruines et de désolation. Dans les champs et au milieu des rues, des meubles, des paillassons, des couvertures, des oreillers sauvés à grande peine gisent tristement. Ça et là, des familles, tout en larmes, pleuraient sur leurs ruines quasi irréparables.

Il y a une trentaine de maisons complètement détruites. Les murs seuls demeurent debout tout calcinés, au milieu des décombres fumants.

Quelles sont les origines de la conflagration? Le bruit circulait dans le village, ce matin, qu’une main incendiaire était la cause de ce désastre irréparable. Des gens jurent avoir vu de leurs propres yeux, en même temps que les premières flammes de l’incendie apparaissaient dans la nuit, un homme fuir à toute vitesse en voiture légère. De plus, des personnes de Lakeside, village voisin, ont vu le même attelage fuir à toute rapidité vers Montréal.

D’un autre côté, la police locale a été avertie cet avant-midi, de surveiller les agissements d’un certain individu qui a pris le train, ce matin, à destination de Montréal.

(C’est arrivé le 22 mai 1900).

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