Des nouvelles pas fraîches

Immigrants, lanceurs de bombes

Immigrants, lanceurs de bombes

Immigrants, lanceurs de bombes

Note de Grand Québec : remarquez les liens fort curieux qui fait le journal, où la nouvelle est apparue le 21 octobre 1914, entre l’attentat et TOUS les « étrangers » qui sont associés au lanceurs de bombes et espions.

Une Bombe sème la mort et les ruines, rue Frontenac.

2 morts identifiés; plusieurs blessés. 9 logements et trois magasins sont détruits de fond en comble.

Un peu après six heures hier soir, une terrible explosion ébranlait tout un quartier de la ville, causait la mort de plusieurs personnes, en conduisant nombre d'autres dans nos différents hôpitaux, pendant que les dommages matériels sont très considérables. Cette épouvantable tragédie s'est déroulée dans un pâté de maisons situé rue Frontenac, un peu plus haut que la rue Forsyth et à quelques pas à peine du poste de police no 13.

Neuf logements occupés par des étrangers, la plupart des Russes, ont été détruits de fond en comble comme s'ils eussent été secoués par un tremblement de terre. Les occupants, hommes, femmes, enfants, ont été lancés pêle-mêle dans les débris, d'où un cadavre et de nombreux blessés ont été retirés peu après.

L'attentat de la rue Frontenac est plus que significatif. Dans des logements occupés par des Russes et des Polonais, d'un côté, et par des Autrichiens, de l'autre, on a lancé une bombe, et il y a eu des pertes de vie et des blessés.

Une enquête faite sur place apprend que tout le quartier environnant est au fait de querelles très fréquentes entre ces étrangers, depuis le commencement de la guerre en Europe. Pas plus tard que dimanche dernier, un homme fut lancé par une fenêtre dans la rue, à la suite d'une violente rixe.

MM. Paul Bélanger et Joseph Lafrenière, domiciliés dans les environs, sur la rue Frontenac, affirment qu'ils ont vu deux hommes placer une lourde bombe sous les logements détruits, quelques minutes avant l'explosion formidable qui effrayait tout le voisinage.

Pareil état de chose devrait-il être toléré dans un pays comme le nôtre? Nous sommes en guerre, ne l'oublions pas, et dans les autres pays belligérants on tue sans merci tous les étrangers dont la ligne de conduite n'est pas ce qu'elle devrait être. On a parlé et on parle encore d'espionnage allemand à Montréal ; mais voilà que nous arrivons aux attentats, ce qui est pire.

Il est grandement temps d'intervenir et d'agir avec la plus grande sévérité. Rappelons surtout que ces étrangers gagnent leur vie à Montréal, alors que plusieurs de nos compatriotes se trouvent jetés sur le pavé à cause de la guerre. Leur seul titre d'usurpateurs les classe comme non désirables: ils ne devraient pas au moins se placer sous le coup de la loi.

Et la justice ne devrait pas ménager ses châtiments les plus sévères pour les espions, les lanceurs de bombes, les fauteurs de la paix publique.

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