Des nouvelles pas fraîches

Gouvernement de Paul Sauvé

Gouvernement de Paul Sauvé

Paul Sauvé forme son cabinet

Moment historique devant moins de 100 personnes

Le parlement provincial, où défilaient mardi des milliers de personnes devant la tombe d'un grand disparu, était relativement vide hier soir, le 10 septembre 1959, quand moins d'une centaine d'hommes, dont 70 représentants du peuple, ont choisi le nouveau premier ministre de la province de Québec, M. Paul Sauvé, député de Deux-Montagnes, et ministre de la Jeunesse et du Bien-être social.

Cette fois, le grand public était représenté par les journalistes, ceux de la presse, de la télévision et de la radio, et par quelques hommes attachés à la personne de tel ou tel ministère.

Les circonstances expliquent ce contraste (M. Duplessis ayant été porté en terre le matin même). Tous les ministériels sont évidemment dans le deuil, et la décision qu'ils avaient à prendre, si importante qu'elle fût pour toute la province, ne pouvait être prise que par eux et le plus rapidement possible.

On sait déjà que M. Duplessis qui n'était parti que pour quelques jours et ne devait pas sortir de la province, n'avait pas désigné de premier ministre suppléant, contrairement à ce qu'il faisait ordinairement lorsqu'il s'absentait pour se rendre à l'extérieur, ne fût-ce que le même temps.

Le cabinet ne pouvait donc se réunir régulièrement et prendre des décisions officielles, bien que les ministres aient apparemment eu le droit de prendre, chacun dans leur département, des décisions administratives courantes.

Leur réunion d'hier soir, dans la salle du conseil exécutif, n'était donc pas une séance du cabinet mais seulement une réunion de ministres devant un fauteuil vide, le principal, celui du premier ministre défunt. C'est même la raison que le ministre de la Colonisation, l'honorable M. Bégin, a mentionné après consultation avec ses collègues pour ne pas admettre un photographe qui aurait aimé enregistrer cette "photo-souvenir".

Réponse semblable de M. Maurice Bellemarre, whip en chef du parti ministériel à un journaliste qui demandait l'admission de son photographe dans la salle du caucus où les députés attendaient les ministres: "La photo serait peut-être historique, mais notre deuil est trop récent".

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