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Fumeurs au fumoir

Fumeurs au fumoir

Les fumeurs relégués… au fumoir

Avis à tous! Les mœurs sociales sont en train de changer radicalement : les citoyens veulent respirer de l’air pur dans leurs milieux de travail. Les fumeurs sont refoulés au fumoir

Le bon vieux fumoir des demeures bourgeoises et des collèges classiques des années trente, crachoir en moins, est une institution qui ressuscite. Il n’est plus le rêve de certains écologistes intransigeants. Il revient parmi nous pour de bon, en commençant par les bureaux du gouvernement fédéral et de plusieurs grandes entreprises.

Pour en avoir la preuve, il faut commencer par regarder du côté d’Ottawa. La récente plainte d’un fonctionnaire fédéral à laquelle un arbitre syndical a fait droit n’est qu’un simple signe des temps nouveaux. Ce commis du ministère fédéral de la Santé, M. Peter Wilson, a gagné. Il a fait reconnaître le fait que la fumée de la cigarette en milieu de travail, « est une substance dangereuse » contre laquelle les employés doivent être protégés. Mais ce fait n’est que la manifestation d’une pression sociale plus générale. Les fumeurs sont perçus comme des agresseurs devant être isolés plus ou moins en douceur.

Le gouvernement fédéral en convient du reste. Le représentant du Conseil du Trésor fédéral, M. Jean-Pierre Kinglsey, qui a décidé d’en appeler en Cour fédérale de la décision de l’arbitre. Si le gouvernement fédéral en appelle, explique-t-il, ce n’est pas pour favoriser la fumée. C’est pour tenter d’instaurer, dans les bureaux du gouvernement, le système des fumoirs, de gré à gré, si possible.

Cet adjoint aux politiques d’administration du personnel explique que, depuis la mise en application d’une politique initiative, plusieurs ministères fédéraux ont déjà instauré des systèmes de fumoirs pour protéger les droits des non-fumeurs à un environnement sain. Dans plusieurs bureaux de ce gouvernement, ceux de l’Expansion économique et régionale et du Vérificateur général, par exemple, les employés, représentés par leurs syndicats, se sont entendus. Les fumeurs iront au fumoir. Pour lui, la récente affaire Wilson n’est que l’occasion d’accélérer le pas. La préoccupation des non-fumeurs « est normale », dit-il, la société doit « se pencher » sur le sujet et se presser de le régler.

Le Québec a le douteux championnat du tabagisme au Canada, 35,5% des gens de 25 ans et plus fument « habituellement ».

(Ce texte a été publié le 11 janvier 1986).

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