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Financement universitaire

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La sortie de Shapiro n’impressionne guerre les entreprises

Le recteur de l’Université McGill a piqué une crise au beau milieu du Cercle canadien, accusant les gens d’affaires de se ficher des périls budgétaires que menacent les universités québécoises.

À entendre la réaction du milieu des affaires, force est de conclure que Bernard Shapiro, qui est aussi président de la Conférence des recteurs et principaux des universités du Québec (CREPUQ), va devoir réviser sa tactique s’il veut se faire des alliés dans sa croisade contre les compressions imposée par Québec.

Le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, André Godbout, estime que M. Shapiro, un membre du conseil d’administration de la Chambre, s’époumone en pure perte.

« Toute la société subit des contractions et les universités doivent en subir comme les autres. Il n’y pas de solutions miracle, a-t-il dit. Je ne pense pas que le milieu des affaires soit indifférent au sort des universités, mais celles-ci ont toujours voulu fonctionner dans leur monde à l’abri des intempéries. Elles sont bien retranchées dans leur ancien mode de gestion, et je n’ai pas vu encore de révolution dans un milieu où pourtant la créativité et l’imagination sont supposées être importantes. »

À l’alliance des manufacturiers et exportateurs du Québec, le jugement était moins cinglant. « On est un peu surpris, parce que c’est la première fois que la CREPUQ nous interpelle publiquement de la sorte sans nous en avoir parlé privément auparavant », a déclaré le président de l’alliance Gérald Ponton.

Tout en appelant les universités à continuer de faire leur part, M. Ponton se dit prêt à discuter avec la CREPUQ, « si des problèmes particuliers se posent ». Il a repoussé les accusations d’indifférence en soulignant que son organisme participe aux travaux des comités sur le suivi de la réforme de l’éducation et sur le financement des universités mis sur pied par la ministre de l’éducation, Pauline Marois.

Au Conseil du patronat, on a la conscience tout aussi tranquille. « M. Shapiro a tout à fait raison de s’inquiéter du sous-financement des universités, mais ça fait 15 ans qu’on fait des représentations sur cette question en commission parlementaire, au Conseil supérieur de l’éducation et au ministère de l’Éducation », a fait valoir le porte-parole du CPQ, Jacques Caron.

Si le milieu des affaires s’émeut peu des reproches, c’est aussi parce qu’il contribue déjà directement au financement des universités par le moyen des campagnes de dons. Les largesses corporatives sont toutefois d’une ampleur bien moindre que les compressions imposées aux universités.

Plus de la moitié des sommes recueillies par les fondations des universités proviennent des entreprises. Dans certains cas, comme à l’Université Laval ou Sherbrooke, les dons corporatifs atteignent même 70% ou 75% de tous les dons.

Sur une base annuelle, les dons corporatifs reçus à l’UQAM, à l’Université de Montréal, Concordia, Laval et Sherbrooke, totalisent 29 millions.

À l’UQAM, les largesses des entreprises équivalent à 1,3% du budget de fonctionnement de 209 millions prévu pour 1998. Les quelque 2,8 millions récoltés l’an dernier auprès d’entreprises paraissent toutefois bien maigres devant les compressions de 21 millions absorbés par l’UQAM.

Les banques et les caisses populaires occupent une place importante au palmarès des donateurs, donnant jusqu’à 40% de leur budget philanthropique aux universités. À titre d’exemple, le Mouvement Desjardins a donné environ 600 000$ au réseau universitaire, l’an dernier.

Les porte-parole des institutions bancaires n’ont pas voulu commenter les déclarations de M. Shapiro, soulignant qu’il n’est pas dans leur habitude de monter aux barricades pour défendre les intérêts corporatifs, autres que les leurs.

(Texte publié dans le Journal de Montréal, le 30 janvier 1998).

Université McGill

Université McGill

Université McGill vers la fin du 19e siècle, carte postale de l’époque

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