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Explosions à Montréal

Explosions à Montréal

Explosions à Montréal

Le nord de la ville secoué par des explosions
Les bouches d’égouts crachent des flammes

30 novembre 1932. – Une série d’explosions sans précédent à Montréal a semé la panique dans le nord de la ville. Les couvercles des bouches d’égout ont sauté l’un d’après l’autre, d’intervalle en intervalle durant une couple d’heures, rue Beaubien et Bélanger en passant par de St-Valier jusqu’à DeFleurimont, et boulevards Gouin et Saint-Laurent. Un geyser enflammé a brûlé de 5h30 à 8h30, à l’intersection des rues Bélanger et Saint-Denis, où se produisit la première explosion. Un autre a surgi à l’angle des rues Bélanger et Drolet. Les fenêtres, les vitrines et les enseignes ont été réduits en miettes dans tous les environs.

Vers 8 heures, une formidable explosion a fait crouler une maison de 3 étages, rue DeFleurimont, et les occupants s’en sont sauvés avec des blessures qui auraient pu être plus graves. Un garage a sauté, un autre a été menacé de destruction, quelques-uns ont subi des dégâts assez considérables. L’académie Saint-Édouard a été violemment secouée et une religieuse a été projetée dans la rue à travers une fenêtre. Un certain nombre de passants ont miraculeusement échappé à la mort, de même que quelques personnes qui se trouvaient tranquillement chez elles, lorsque des couvercles traversèrent les toits ou brisèrent toutes les fenêtres.

Les couvercles transformés en projectiles

La première explosion est survenue vers 5h30, projetant dans l’air le couvercle du puits d’accès au réseau d’égout, à l’intersection des rues Bélanger et Saint-Denis: L’explosion fut immédiatement suivie d’un incendie qui brûla sans interruption pendant trois heures. Mais l’affaire ne devait pas s’arrêter-là, puisqu’au total pas moins de 150 couvercles sautèrent de la sorte à l’intérieur d’un quadrilatère grossièrement délimité par le boulevard Saint-Laurent à l’ouest, la rue Bélanger au sud; la rue Saint-Denis, à l’est et le boulevard Gouin, au nord.

Dans les circonstances il tient donc du miracle que ces trois heures d’angoisse ne se soient pas soldées par une hécatombe. En effet, on n’a finalement dénombré que sept blessés sérieux, mais sans être graves.

La cause de cette explosion? On a d’abord pensé au gaz, mais le responsable du réseau d’approvisionnement en gaz, la Montreal Light, Heat and Power Consolidated, s’empressa de nier toute responsabilité, en soulignant d’une part que le secteur n’avait été le théâtre d’aucune fuite de gaz ni d’aucune conduite brisée depuis fort longtemps. D’autre part, les flammes, sortant des bouches d’égout étaient huileuses et laissaient une fumée acre et dense, typique d’un feu d’huile ou d’essence.

En outre, on a constaté qu’une heure avait séparé une explosion à la hauteur de la rue DeFleurimont à une autre survenue à la hauteur du boulevard Gouin. Il ne faisait donc pas de doute dans leur esprit que les explosions étaient dues à une fuite d’essence, de sorte qu’il devenait tentant de pointer du doigt le garage municipal Oil Co., à la croisée des boulevards Crémazie et Saint-Laurent, d’autant plus que le garage en question avait subi de très lourds dégâts.

bourdes de l'état

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