Des nouvelles pas fraîches

Explosion de gaz

Explosion de gaz

Une explosion de gaz pulvérise trois maisons

Quelques flammes au milieu des cendres et des menus débris. Rien de plus qu’un grand trou béant là, où, une demi-heure plus tôt, il y avait encore trois maisons et les familles qui les habitaient. En un instant, une explosion, la pire survenue depuis celle de LaSalle en 1965, a tout détruit d’un seul souffle, causant la mort de cinq personnes, rue Poincaré, dans le nord-ouest de la métropole.

Même si on n’a pas encore officiellement déterminé l’origine de l’explosion, on semble montrer du doigt, comme il y a 19 ans, une fuite de gaz naturel. À 7.50 les trois maisons portant les numéros civiques 11948, 11952 et 11956, rue Poincaré, tout près de Salaberry, dans le quartier Nouveau-Bordeaux, ont été rayées de la carte.

« En ouvrant les yeux, j’ai vu une immense boule de feu et le toit de la maison d’en face a volé dans les airs, avant de retomber dans un fracas épouvantable. En même temps, un souffle d’une force inouïe a semblé pénétrer dans notre chambre. La fenêtre, les vitres, tout semblait aspiré vers nous.

M. Pierre Déniger, entrepreneur, était couché au moment de l’explosion. Au-dessus du garage de la maison, au 11951, rue Poincaré, sa chambre fait directement face au lieu du sinistre.

« Vous ne pouvez-vous imaginer », raconte-t-il. On a cru que s’était la fin du monde. En entendant l’immense fracas, ma femme s’est levée d’un bond, et s’est mise à courir pieds nus vers les petits. Nous gardons nos deux petits-enfants, car ma fille est aux vacances au Club Méd. Ma femme s’est précipitée vers eux. Elle ne semblait même pas réaliser qu’elle courait pieds nus sur la vitre qui jonchait le plancher Je l’ai vu trébucher une fois, puis elle s’est relevée et s’est remise à courir… »

Devant sa maison aux vitres éclatées, aux murs lézardés, M. Déniger, comme la plupart de ses voisins, semblait encore incrédule. Sur son auto, une moitié de porte de garage la porte du garage de la maison d’en face. Dans son parterre, un arbre portait quelques décorations de Noël. Une heure plus tôt, cette guirlande argentée parait le salon de ses voisins de ses voisins de l’autre côté de la rue.

Dans les décombres, dans les quelques débris pulvérisés, les pompiers s’affairent toujours, quelques heures plus tard, à retrouver les victimes. Un enfant et sa gardienne, ainsi qu’un couple âgé ont été dégagés pour être aussitôt emportés par le véhicule de la morgue. Un cinquième cadavre était tellement méconnaissable qu’on ne pouvait déterminer de façon certaine s’il s’agissait d’un homme ou d’une femme.

(Texte publié dans les médias le 18 décembre 1984).

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