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Boeing d’Air India explose

Boeing d’Air India explose

Un Boeing d’Air India explose : 329 morts

Par un beau dimanche matin ensoleillé, à des kilomètres au-dessus de l’Atlantique, un garçonnet canadien attend, surexcité, la visite qu’on lui a promise dans le cockpit du Boeing 747 qui l’emmène visiter sa famille en Inde.

Le pilote vient tout juste d’établir le contact radio avec la tour de contrôle aérien de Shannon, en Irlande, et indique à l’agent de bord qu’il pourra faire entrer l’enfant dans « quelques minutes ».

Mais à 8 h 14, le dimanche 23 juin 1985, la promesse faite au petit garçon ne sera pas tenue : un engin terroriste explose à bord, précipitant les 329 passagers et membres d’équipage du vol 182 d’Air India dans la mort.

L’avion surnommé Kanishka, en l’honneur d’un ancien dieu indien, plonge dans les eaux sombres de l’océan, à 120 milles nautiques au large de la côte irlandaise. Parmi les passagers, 279 sont des Canadiens, plusieurs d’origine indienne.

La déflagration venait aussi d’enlever aux Canadiens l’illusion confortable entretenue jusqu’à ce moment, qu’ils étaient, par quelque mystérieux privilège, à l’abri du terrorisme international, déclenchant une suite d’événements dont les répercussions se font encore sentir aujourd’hui.

Les dispositifs de sécurité dans les aéroports canadiens, qui avaient, jusqu’à présent, été appliqués avec quelque nonchalance, ont été sévèrement renforcés. L’affaire a eu aussi un impact sur la communauté sikhe canadienne, qui fait l’objet d’une étroite surveillance, et dont 16 membres ont été sous le coup d’accusations allant de la possession d’explosifs à la conspiration en vue de commettre des attentats terroristes en territoire indien.

Ce qu’on sait, c’est qu’à peine une heure avant que Kanishka ne s’abime en mer, de l’autre côté du globe, 390 passagers à bord d’un avion de CP Air ne se doutaient de rien, atterrissaient sains et saufs à l’aéroport de Narita, à Tokyo, après avoir traversé tout l’océan atlantique avec une bombe dans la soute à bagages.

Comme les manutentionnaires japonais retiraient une valise grise de l’appareil pour la transborder sur l’avion d’Air India à destination de Bombay, l’engin explosait, tuant deux des employés et en blessant quatre autres.

Au terme d’une véritable « quinzaine noire » pour l’aviation civile internationale, le premier ministre du Canada Brian Mulroney décrivait alors le terrorisme comme « la plaie des nations civilisées », et l’administration américaine, sous le président Reagan, exprimait son « mépris » et sa « ferme condamnation » de ces opérations.

« Je ne peux songer à rien de plus répugnant que la perte de vies innocentes causée par des actes terribles délibérés », a affirmé M. Mulroney, en faisant allusion à la double tragédie de l’Air India et de CP Air.

Deux semaines plus tôt, des pirates chiites libanais avaient détourné un avion des lignes jordaniennes Alia, qu’ils faisaient sauter sur l’aéroport de Beyrouth. Un Palestinien détourna le lendemain un avion des lignes libanaises MEA.

Quelques jours plus tard, des islamistes libanais détournaient un Boeing 737 de la TWA à Athènes. L’appareil a été immobilisé pendant une semaine à Beyrouth et les pirates islamistes ont torturé 40 otages civils américains en réclamant la libération de 700 terroristes chiites, assassins d’enfants et femmes, détenus en Israël.

(Cette nouvelle date du 23 juin 1986).
 

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