Des nouvelles pas fraîches

Affreuse tragédie

Affreuse tragédie

Douze enfants se noient à l'Île Bizard

Une chaloupe portant 18 personnes chavire

Île Bizard. 13 juillet 1954. Une joyeuse excursion d'enfants montréalais, au bord du lac des Deux-Montagnes, s'est terminée hier après-midi par l'une des plus affreuses tragédies qui se soient produites dans la région depuis de nombreuses années, lorsqu'une chaloupe à moteur s'est soudainement emplie d'eau et a chaviré. Douze des enfants, âgés de six à 11 ans, qui y avaient pris place, se sont noyés.

L'accident s'est produit à la plage aux Carrières, île Bizard, à un moment où le vent était assez fort et où les eaux du lac étaient agitées.

Les victimes, à l'exception d'une seule, étaient de jeunes noirs montréalais, qui s'étaient rendus à un pique-nique organisé par le Negro Community Center, organisme de bienfaisance de la population noire de Montréal.

Hier soir, les corps de quatre des enfants avaient été repêchés du lac des Deux-Montagnes et les recherches, entreprises dès après la tragédie, qui s'est produite à 1 h. 15, se sont poursuivies sans interruption jusqu'à très tard dans la nuit et on été reprises ce matin. À midi, on a repêché le corps d'un cinquième enfant, une fillette.

À l'exception des personnes se trouvant dans l'embarcation qui allait chavirer, la première personne à se rendre compte des difficultés dans lesquelles elles se trouvaient fut probablement le chauffeur de l'autobus dans lequel les enfants s'étaient rendus à la plage de l'île Bizard.

M. Léon Claing, 544, rue Noiseux, à Saint-Hyacinthe, qui est à l'emploi de la Compagnie de transport provincial, se trouvait non loin du bord de l'eau lorsqu'il constata que la chaloupe à moteur hors-bord penchait dangereusement d'un côté.

«Je me dis aussitôt que tout ne semblait pas normal et j'ai craint que l'embarcation ne chavire, projetant les nombreux enfants et les deux hommes qui s'y trouvaient dans le lac.»

Quelques instants plus tard, M. Claing constatait que sa crainte n'était que trop fondée : «Je remarquai que le propriétaire de la chaloupe arrêtait le moteur et sautait à l'eau, du côté opposé à celui vers lequel la chaloupe penchait. De ses deux mains, il tenta de rétablir l'équilibre de l'embarcation en essayant de la faire pencher de son côté. Il en fut cependant incapable et les enfants ont tous été projetés à l'eau.»

Seulement quatre enfants ont pu être sauvés par M. Arthur Robichon, un homme qui pêchait près du lieux de la tragédie.

(La Presse, 14 juillet 1954)

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>