Des nouvelles pas fraîches

Chômeurs français rêvent au Québec

Chômeurs français rêvent au Québec

De nombreux chômeurs français rêvent au Québec

Depuis le début de l’année, des dizaines de Parisiens se rendent chaque jour à la librairie canadienne Abbey Book Shop, près de la Sorbonne, en plein cœur du Quartier Latin. Ils ne vont pas y acheter les livres de Réjean Ducharme ou de Robertson Davis, mais plutôt La Presse du samedi, le seul journal québécois vendu à Paris, dont les exemplaires s’envolent comme des petits pains chauds.

N’allez pas croire que les Français se sont découvert une passion soudaine pour l’actualité québécoise et canadienne. Ces gens sont tout bonnement des Parisiens qui songent à émigrer au Québec et qui viennent consulter les offres d’emplois. Ils ont trouvé ce truc dans Rebondir, un tout nouveau magazine destiné aux trois millions de chômeurs français et qui consacrait une partie de son premier numéro aux possibilités de travail dans « la belle province qui recherche désespérément des francophones ».

Depuis la parution de cet article particulièrement bien documenté, la librairie canadienne est submergée d’appels téléphoniques. «Le téléphone ne dérougit pas. Ça n’arrête pas une seconde», raconte un employé de la librairie, Charles Côté, en désignant l’appareil qu’il a laissé décroché pour s’accorder quelques minutes de pause. Chaque jour, entre 20 et 50 clients se présentent dans l’étroite boutique pour demander La Presse et des publications qui parlent du Québec.

L’épaisse édition du samedi du quotidien montréalais arrive le mardi matin à l’Abbey Book Shop, où on peut se la procurer pour la coquette somme de 40 francs, soit près de 10 dollars. Ce n’est pas donné. Pourtant, on se l’arrache. La librairie canadienne, qui distribue la Presse depuis septembre, en vendait auparavant une trentaine par semaine. Maintenant, elle écoule facilement les 300 exemplaires qu’elle reçoit.

Au service de l’immigration du Québec à Paris, on a évidemment ressenti l’impact de l’article du magazine Rebondir. Les demandes d’information, qui se comptent déjà par centaines chaque semaine, ont sensiblement augmenté. Le Québec s’est donné comme objectif d’accueillir 50 mille immigrants par année, dont 40% de parlants français, à compter de 1995.

(Cela se passait le 5 février 1993).

rue montreal

Rué à Montréal, Noël. Photo : © Grandquebec.com

Pour compléter la lecture :

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>