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Élections fédérales

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Les libéraux majoritaires, le Bloc rafle 53 comtés au Québec

Trente ans après son entrée en politique, Jean Chrétien deviendra dans quelques jours le 20e premier ministre de l’histoire du Canada, à la tête d’un gouvernement majoritaire. À l’heure de mette sous presse (le 26 octobre 1993), le parti libéral du Canada avait remporté ou était en avance dans 178 des 295 comtés du pays.

Tel que prévu, le Bloc québécois a balayé, y remportant 53 des 75 comtés. À l’heure de mettre sous presse, alors que les résultats venant de la Colombie-Britannique restaient partiels, le Bloc et le Reform Party de Preston Manning se disputaient âprement la deuxième place au plan national et le statut de l’opposition officielle qu’elle confère. Les candidats réformistes étaient déclarés élus ou en avance dans 52 circonscriptions, une seule de moins que le parti de Lucien Bouchard.

Rien n’est venu gâcher cette soirée pour le chef libéral Jean Chrétien puisque, contre toute attente, il a été élu dans Saint-Maurice par une majorité confortable de plus de 6000 voix. De plus, son parti a fait mieux que prévu au Québec, l’emportant dans 20 comtés. En plus des huit comtés qu’ils détenaient déjà, dont ceux de Paul Martin et André Ouellet, les libéraux ont fait élire des candidats dans des circonscriptions ou ils étaient loin d’être sûrs de l’emporter.

Le Parti conservateur de Kim Campbell s’est totalement désintégré ne faisant élire que deux députés dans l’ensemble du pays. Les conservateurs ne seront même pas reconnus comme parti à la Chambre des Communes, puisqu’il faut au moins 12 sièges pour obtenir ce statut. La première-ministre elle-même a été battue dans son comté de Vancouver-Centre. Les conservateurs ont même été devancés par le NPD, dont neuf candidats ont été élus, parmi lesquels leur chef, Audrey McLaughlin.

Les bleus ont été rayés de la carte au Québec. Jean Charest, dans Sherbrooke, est le seul des 54 députés conservateurs de la province qui ait survécu.

Malgré ce massacre, le vice-premier ministre Jean Charest a soutenu que le parti conservateur était loin d’être mort : « Le parti conservateur a toujours été là, il ne faudrait pas faire l’erreur de croire qu’on va disparaître. À une question au sujet du leadership de Kim Campbell, le député de Sherbrooke, son rival durant la course au leadership, a déclaré que si le premier ministre souhaitait rester à la tête du parti, il la soutiendrait.

Six des sept députés du bloc qui siégeaient déjà aux Communes ont été réélus. Seul Gilles Rocheleau, dans Hull-Aylmer, a subi la défaite. Le chef du bloc, Lucien Bouchard, n’a eu aucune difficulté à l’emporter dans Lac-Saint-Jean, ou sa majorité a dépassé les 21 mille votes.

« Ce soir, le peuple québécois nous donne le mandat de veiller à ses intérêts à Ottawa, mais aussi de baliser la route qui mène à cette prochaine fois », a déclaré hier soir M. Bouchard à Alma, évoquant le discours prononcé par René Lévesque le soir de la défaite référendaire en 1980.

M. Bouchard a tout de suite tenté de rassurer le reste du Canada, s’adressant aux Canadiens anglophones dans leur langue. « Le projet souverainiste, a-t-il rappelé, n’est pas dirigé contre le Canada. C’est le refus des chicanes stériles et des conflits nombrilistes. Je dis à nos amis du Canada anglais que notre victoire représente une occasion unique de nouer une nouvelle relation fondée sur la vérité et le respect. »

(Cela s’est passé le 26 octobre 1993).

rue de la commune

Rue de la Commune

Rue de la Commune. Photo : GrandQuebec.com

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