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Collège militaire ferme

Collège militaire ferme

État de choc à Saint-Jean : Le Collège militaire ferme

C’est un véritable choc qu’a créé l’annonce, hier (le 22 février 1994) de la fermeture du Collège militaire de Saint-Jean-sur-Richelieu, une institution de prestige qui a formé bon nombre de hauts gradés militaires.

Pour compenser la disparition de la seule institution francophone de formation des officiers de la Défense nationale du Canada, son pendant anglo-saxon de Kingston, en Ontario, sera transformé en collège bilingue. Le CMR de Saint-Jean sera mis en vente en 1995.

L’économie de Saint-Jean devra par ailleurs encaisser un autre coup dur, puisque l’importante base militaire qui s’y trouve verra ses activités réduites de 75% et sera fusionnée à la BFC Montréal.

Toujours au Québec, le projet d’aménagement d’un polygone de tir air-sol à Bagotville est abandonné, de même que l’installation d’une division de la Réserve navale à Valleyfield et le projet d’emplacement avancé d’opérations et d’installations au milieu nordique de Kuujjuak.

Enfin, le quartier général du 10e groupe aérien tactique sera muté de Montréal à Trenton, en Ontario, et le dépôt régional de matériel médical de Valcartier sera fermé.

À Saint-Jean, les réactions allaient de l’étonnement à la colère, d’autant plus que cette nouvelle a fait l’effet d’un coup que personne ne s’y attendait.

Il n’a guerre été possible de connaître la réaction des élèves-officiers qui conservait un mutisme complet ou refusaient de sortir de leurs quartiers, où il n’était pas question d’aller leur demander leur avis: un commissionnaire en gardait jalousement l’entrée.

Le maire de Saint-Jean-sur-Richelieu, Delbert Deschambault, a accueilli la nouvelle comme « une catastrophe pour la région », aussi bien sociale qu’économique. D’autant que pour la ville, il s’agissait d’une source de revenus en taxes foncières et autres qui atteignaient un million de dollars. Sans compter les 600 ou 800 emplois perdus.

« Nous, ne nous attendions vraiment pas à cela, a-t-il commenté. C’était complètement imprévisible. On nous avait laissé avec l’impression qu’on ne toucherait pas au Collège, une institution de prestige pour toute la région. »

Selon M. Gilles Gravel, président de la Chambre de Commerce de Saint-Jean, le Collège militaire et la Base des Forces canadiennes assuraient des retombées économiques de 120 millions à la région, en plus de créer au moins un millier d’emplois. Il va falloir maintenant développer d’autres projets pour compenser cette perte. Et M. Gravel ne cache pas que ce sera très difficile.

La fermeture du Collège militaire, prévue pour 1995-1996, signifiera la mise à pied de 300 civils, 100 militaires et 600 élèves-officiers. À la base des Forces canadiennes, cette diminution de services impliquera le départ de 360 des 670 militaires qui y sont affectés, et d’une centaine de civils.

(C’est arrivé le 22 février 1994)

Monument aux soldats tombés

Monument aux soldats tombés

Photo : GrandQuebec.com

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