Horreur à Yamachiche
« Le pire, c’était l’odeur », déclare Roland Lemire, envoyé sur les lieux par Le Nouvelliste de Trois-Rivières. Près de Yamachiche, dans cette nuit glaciale du 30 janvier 1954, les hommes sont impuissants à lutter contre l’horreur de la tragédie qui se déroule sous leurs yeux.
Les témoins reculent repoussés par le souffle brûlant et nauséabond du feu qui dévore l’autobus de la Compagnie de Transport Provincial qui, comme chaque soir, se rendait à Québec.
Que s’est-il passé? Aucun des deux conducteurs n’a le sentiment qu’il était trop à gauche. Un camion-remorque, qui roulait à vide vers Cornwall, Ontario, a enfoncé tout le côté gauche de l’autobus, jusqu’à la sortie de secours où il s’est immobilisé.
Un témoin, A.R. Dupont, de Montréal, a déclaré que les deux véhicules lui ont « paru soulevés de terre, avant de retomber à côté de la route avec des soubresauts ».
Presqu’aussitôt, des flammes jaillissent et de l’autobus montent des cris déchirants, des sanglots. Puis le silence s’installe, sinistre, lugubre. Tout est fini…
Dans la ferraille tordue, les passagers prisonniers ont tenté en vain d’ouvrir la sortie de secours, ou de se dégager des sièges qui les enserraient, mâchoires monstrueuses qui se seont refermées sur eux au moment où ils s’y attendaient le moins.
Pour retirer les restes carbonisés de la carcasse écrasée de l’autobus, il a fallu la découper au chalumeau dans la morgue même, où le tout a été transporté par camion. On dénombre quatorze victimes.
(C'est arrivé le 30 janvier 1954)
Voir aussi :



Ajouter cette page a vos favoris