Nord-du-Québec

Oujé-Bougoumou

Oujé-Bougoumou

Oujé-Bougoumou

En langue crie, Oujé-Bougoumou veut dire «lieu de rassemblement des gens». Ce village cri, qui regroupe une population d’environ 600 résidents, est localisé aux abords du lac Opémisca. Il n’existe pas de gentilé pour désigner les habitants d’Oujé-Bougoumou.

Administrativement, la communauté constituée en 1992 fait partie de la municipalité de Baie-James. Du point de vue architectural, la conception originale du village a été développée par l’architecte Douglas Cardinal (qui a également conçu le Musée des civilisations à Gatineau). Cet aménagement communautaire s’est vu décerner le prix Habitat d’excellence par l’Organisation des Nations Unies en 1995.

Force est d’admettre qu’au cours des décennies, les Cris d’Oujé-Bougoumou ont vécu une histoire de dépossessions, de négligences et d’abus résultant des activités des entreprises minières et forestières, tandis que les gouvernements provinciaux et fédéraux restaient indifférents aux destinées des habitants de ces lieux.

Cependant, l’histoire d’Oujé-Bougoumou témoigne de la détermination d’une petite communauté d’autochtones cris qui ont décidé de faire face à l’expansion des industries minières et forestières et à leur inextinguible appétit.

Historiquement, la vie des Cris d’Oujé-Bougoumou était axée sur la chasse et la pêche. Les premiers prospecteurs y sont venus vers la fin du XIXe siècle. À mesure que de nouveaux filons étaient découverts, des camps miniers se sont établis, dont certains sont devenus des villages et des villes. Alors que l’exploitation minière prenait de l’ampleur, le peuple d’Oujé-Bougoumou commençait à être perçu comme un obstacle à la croissance industrielle.

Les Cris ont été forcés de déménager pas moins de sept fois pour céder la place aux nouvelles mines. Mais le peuple d’Oujé-Bougoumou a refusé de disparaître. Après une lutte longue et difficile, les droits de la communauté d’Oujé-Bougoumou ont été finalement reconnus par les gouvernements du Canada et du Québec.

Les Cris ont donc commencé à reconstruire leur village et à restaurer la vie communautaire.

Beaucoup de familles cries conservent leur mode de vie traditionnel. Ainsi, le rôle du «bois», terme qui désigne les terres traditionnelles à l’extérieur des villages, est d’une grande importance. Outre sa signification purement économique, la vie dans les bois et les compétences reliées au «bois» sont au coeur de la culture et de l’identité des Cris.

Plusieurs familles possèdent des camps forestiers qui leur ont été légués par les générations précédentes, et ils y passent beaucoup de temps. Parfois, ces sites sont accessibles seulement en canot et exigent de nombreux portages. Naturellement, la modernité n’est pas ignorée: dans ces camps forestiers, on voit des véhicules tout terrain, des motoneiges et des bateaux à moteur, mais aussi des raquettes, des traîneaux et des habitations traditionnelles.

Un institut culturel cri, Aanischaaukamiw, abrite un grand nombre d’objets du patrimoine culturel et archéologique de cette nation.

Les gens de l’extérieur qui sont intéressés par l’histoire des Cris, leur culture et leurs traditions, peuvent séjourner dans le village et y savourer un festin traditionnel, apprendre les secrets de l’artisanat et fabriquer leurs propres mocassins ou raquettes.

Pour les amateurs d’aventures, de sports extrêmes et de voyages à travers des espaces infinis, les pistes de motoneige et plusieurs terrains de moto-cross ont tout ce qu’il faut pour mettre leur habilité à l’épreuve.

Ceux qui préfèrent contempler la nature sauvage ont l’occasion d’admirer de magnifiques panoramas nordiques. On peut aussi pratiquer la pêche (avec remise à l’eau).

Une route asphaltée, via la route 113, relie le village au monde extérieur.

Liste des lieux du déplacement forcé des Cris d’Oujé-Bougoumou au cours du XXe siècle:

  • Hudson Bay Post: 1914-1929;
  • Chibougamau Post: 1929-1942;
  • Cedar Bay: 1943-1951;
  • Campbell Point: 1943-1951;
  • Hamel Island: 1950-1952;
  • Swampy Point: 1952-1962;
  • Dore Lake: 1962-1974;
  • Six Camps: 1974-1989;
  • Lac Opémiska: à partir de 1989.

Pour contacter la Nation Crie de Oujé-Bougoumou:

Téléphone : 418 745 3911

Site internet de la communauté :

Lac Opémisca

Lac Opémisca

Lac Opémisca. Source de l’image : Panoramio

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