Québec musical

Musique à la fin du siècle

Musique à la fin du siècle

Musique québécoise à la fin du XXe siècle

La fin des années 1970 marque un moment fort quant à la diffusion de la chanson québécoise et à sa commercialisation. Groupes musicaux et chansonniers atteignent des sommets de popularité. Ils participent à l’effervescence socioculturelle qui anime le milieu artistique de l’époque et ça jusqu’à ce que l’industrie du disque traverse un double crise.

Cette crise, économique d’abord, se transforme en une crise politique ensuite, dans la mesure où l’on considère que l’échec référendaire de 1980 freine la célébration de la culture québécoise.

En tout cas, après des années de stagnation et de restructuration, le marché du disque trouve son second souffle avec un nouveau support, le disque laser, grâce à la mise en place d’un réseau de diffusion de vidéoclips qui favorise la chanson québécoise.

La relance de la chanson prend appui sur des valeurs sûres, c’est-à-dire, sur les artistes qui ont marqué la décennie précédente : Michel Rivard (du groupe Beau Dommage); Richard Séguin (duo Les Séguin – Richard et sa sœur Marie-Claire); Jim Corcoran (duo Jim et Bertrand); Daniel Lavoie; Claude Dubois (qui se fait l’interprète de Luc Plamondon dans l’opéra rock Starmania)…

Si l’on parle à peu près des mêmes thèmes, ils sont cependant traités d’une tout autre manière : le contexte a complètement changé et le monde n’est plus porté par ce sentiment que l’avenir offre des perspectives prometteuses.
Au contraire, on chante avec une conscience plus exsangue d’une réalité faite de petites et de grandes misères, de chômage, de folies. On vit une « époque opaque », pour emprunter les termes d’un graffiti devenu célèbre, inscrit sur le mur d’un édifice de la basse-ville de Québec. Cette époque rend le futur de plus en plus problématique.

Les boîtes à chansons sont presque disparues alors que la chanson semble s’absorber dans la musique populaire, terme général qui englobe tous les styles.

Petit à petit, des noms de la relève émergent et apportent un vent nouveau, en défendant des causes, soit politiques (comme chez Luc de LaRochellière), soit environnementales, comme chez Les Colocs. Les textes dénoncent l’individualisme qui caractérise la société moderne, à la façon de Jean Leloup…

Le vidéoclip, carte de visite par excellence de ces nouveaux venus, comme de tous ceux et celles qui essaient de percer, atteint le public de façon plus massive encore que la radio et le disque.

Le développement d’une conjoncture singulière n’est pas sans effet sur la réception d’une chanson. Le climat politique réactive le sentiment nationaliste au moment même où la musique acoustique est remise au goût du jour. Cette conjoncture permet à Richard Desjardins, qui restaure le style chansonnier et renoue avec la tradition des chansons pour lesquelles on met l’accent sur les paroles, de recevoir un accueil inattendu de la part du public alors qu’aucune compagnie de disques n’avait voulu endosser son projet d’album.

Au début des années 1990, la renaissance s’observe également dans la multiplication des boîtes à chansons où l’on entend à nouveau des chansons du répertoire québécois et français.

(D’après Littérature québécoise, des origines à nos jours, textes et méthode. Editions Hurtubise HMH Ltee 2003. 349 pages).

musique quebecoise

La musique est une révélation plus haute que toute sagesse et toute philosophie. (Ludwig van Beethoven). Photo © : GrandQuebec.com

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