Montréal: ses attraits

Épisode

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Réalisation : 1966, installation : 1970

L’œuvre Épisode a été exposée pour la première fois en 1966, lors de la 2e Exposition de sculptures du festival shakespearien de Stratford, en Ontario. La même année, elle est montrée lors de l’exposition Confrontation 66 tenue à la Place Ville-Marie, puis en 1967, sur l’esplanade de la Place des Arts pour l’exposition Confrontation 67, et à Terre des Hommes en 1968 ; avant d’être installée au Jardin botanique de Montréal au début des années 1970.

Au début des années 1960, Jean-Noël Poliquin travaille les formes abstraites, ce que pratiquent une majorité d’artistes à ce moment. Épisode est une sculpture délibérément non-figurative, rythmée par une succession d’éléments verticaux s’articulant horizontalement, où les vides et les pleins se succèdent de façon équilibrée. Les éléments les plus massifs, en forme de flèches tronquées, se situent aux extrémités de la sculpture ; certains plans plus en relief captent la lumière et dynamisent l’œuvre.

En plus de créer une forme architecturée, l’ambition du sculpteur était de mettre en évidence les qualités du matériau. Dans ses œuvres précédentes, Poliquin utilisait le plâtre, la terre cuite, le polyester ou le bronze. La technique utilisée par Poliquin pour Épisode, celle du ciment fondu, ainsi que son horizontalité, contribuent à donner un effet de stabilité à l’œuvre.

Les œuvres de la deuxième moitié des années 1960 seront de plus grandes dimensions que les précédentes et faites de bronze et de ciment fondu. Le ciment fondu se distingue du ciment de Portland par son durcissement rapide et sa résistance à la corrosion. Ce matériau confère aux œuvres une présence physique très différente de celle du bronze : par la couleur, la texture et la masse. Grâce à l’armature d’acier, l’artiste se permet des porte-à-faux qu’il ne pourrait réaliser avec le bronze. Il obtient une sensation de pesanteur qu’il ne pourrait avoir avec l’acier. De plus, le ciment fondu n’est pas un matériau « noble », au sens où le marbre ou le bronze peuvent l’être. C’est un matériau moderne qui permet de nouvelles expériences plastiques, dénué des connotations du passé. L’époque cherche à rompre avec celui-ci et à trouver des modes d’expression inédits.

L’artiste : Jean-Noël Poliquin est né à Trois-Rivières en 1927 et est décédé en 1999. Diplômé de l’Institut des arts graphiques de Montréal en 1950, il séjourne en Europe de 1955 à1956, où il étudie les méthodes de formation artistique pour les enfants. De retour à Montréal, il donne des ateliers de peinture pour enfants. Dans les années 1960, il expose à la Galerie Libre et à la Galerie Nova et Vétéra à Montréal, fait partie de trois expositions intitulées Confrontation et présente ses œuvres au Salon de la jeune sculpture de Paris. Il a été président de l’Association des sculpteurs du Québec, en 1966. Par la suite, il réalisera plusieurs œuvres intégrées à l’architecture à Montréal, en Mauricie et en Montérégie.

Quelques œuvres publiques permanentes : Conception du décor des murs de soutènement de l’Université de Montréal, 1966 ; Conception des tours de ventilation, Centre Claude-Robillard, 1976 ; Sculpture environnementale, Centre de données fiscales, Shawinigan-Sud, 1978 ; Seuil totémique, Centre hospitalier Pierre-Boucher, Longueuil, 1982 ;  Revêtement mural et main courante, station de métro Fabre, 1983.

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Épisode. Collection municipal d’art public. Photo : © GrandQuebec.com

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