Histoire de Montréal

XXe siècle, première moitié

XXe siècle, première moitié

Première moitié du XXe siècle

Entre les recensements de 1911 et de 1941, la population de la ville de Montréal passe de 467 986 à 903 007 habitants, pour atteindre 1 021 520 en 1951.

Il s’agit d’une augmentation considérable, mais le mouvement d’annexion des municipalités de banlieue, qui débute à la fin du XIXe siècle, permet d’absorber cette population croissante (à lire notre article sur Montréal à la fin du XIXe siècle).

Ce sont encore une fois les mouvements migratoires qui déterminent cette croissance : les vagues d’immigration, en provenance des îles Britanniques, mais aussi venant d’Europe de l’Est  – Pologne et Ukraine avant tout, – ainsi que des Juifs et des Italiens, continuent de grossir  les rangs de leurs communautés respectives. Ce mouvement est toutefois freiné pendant près de quinze ans, d’abord par la crise des années 1930, ensuite par la Seconde Guerre mondiale.

D’autre côté, au début du XXe siècle les Canadiens français sont encore nombreux à quitter la campagne pour déménager à la métropole, tout comme certains Canadiens anglais nés ailleurs.

L’accroissement naturel de la population est aussi à prendre en considération, bien que la Grande Guerre de 1914-1918 et l’épidémie de grippe espagnole de 1918 aient causé des ravages.

Au cours des décennies 1920 et 1930, la proportion des Canadiens français dans la métropole oscille entre 63% et 66%.

Les Canadiens français se regroupent dans l’est de la ville, du Vieux-Montréal à Montréal-Est, mais on les retrouve aussi au nord, entre le Plateau Mont-Royal et la rivière des Prairies, et enfin au sud-ouest, autour de Saint-Henri et de Sainte-Cunégonde.

Les Canadiens Anglais, pour leur part, sont toujours concentrés dans l’ouest de l’île, autour du «Mille carrés dorés» et dans Notre-Dame-de-Grâce, mais aussi à Westmount, Hampstead, Mont-Royal, Montréal-Ouest et Verdun.

La communauté juive, qui constitue le principal groupe ethnique qui n’est ni d origine français ni d’origine britannique, est établie dans l’axe du boulevard Saint-Laurent, au nord de la rue Sherbrooke, mais la croissance de sa population l’amène aussi vers Outremont et Côte-des-Neiges. La communauté italienne occupe quant à elle les alentours du boulevard Saint-Laurent et de la rue Jean – Talon, mais on la retrouve aussi un peu partout en ville.

Cette période de croissance est marquée par une forte industrialisation qui hisse Montréal au rang de métropole du Canada (en fait, cette croissance s'amorce depuis la création du Canada Uni en 1840 et l’entrée en vigueur de l’Acte constitutionnel de l’Amérique du Nord britannique en 1868, deux événements politiques qui influencent fortement le développement de la ville, car les nouveaux territoires qui se développent dans l’ouest du pays comptent sur Montréal pour s’approvisionner).

Les secteur d’activité économique les plus important pour Montréal au cour de cette période sont le textile, la chaussure, le vêtement, l’alimentation, la construction navale et l’industrie lourde. On peut citer également l’industrie de la transformation de l’acier, sur qui repose la fabrication de chemin de fer.

C’est aux abords des installations portuaires et autour du canal Lachine que s’installent ce genre d’industries, attirant de nombreux travailleurs dans ce secteur.

Si Montréal réussit à s’imposer en tant que métropole du Canada, c’est d’abord grâce au développement du réseau ferroviaire canadien dont elle est le pivot. Deux réseaux permettent à la ville de bénéficier de plusieurs voies d’accès à ces marchés en pleine croissance : le réseaux du Grand Tronc, qui relie Riviére-du-Loup, au Québec, à Sarnia, en Ontario, et qui dispose d’un tronçon menant à Portland dans le Maine, de même que le réseau du Canadien Pacifique, qui à partir de 1885 relie Montréal à Vancouver.

Au cours des années 1850, Montréal supplante aussi Québec dans le domaine maritime et portuaire alors qu’on creuse dans le Saint-Laurent un chenal entre les deux villes. Désormais, les grands océaniques peuvent remonter le fleuve jusqu’à Montréal. À cette époque d’autres travaux seront d’ailleurs effectués pour approfondir le chenal et laisser passer des navires plus imposants, comme ce sera le cas pour le canal Lachine.

reservoir mactavish

Réservoir McTavish. Photo : © V. Petrovskiy

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1 commentaire

  1. Jean Robert Bourdage

    2015/02/06 at 2:54

    Bonjour,

    auriez vous des ouvrages, sites webs, documents audio visuels à me conseiller si je voulais connaître la composition de Montréal au tournant de la Première Guerre Mondiale?

    J’aimerais en savoir plus sur la composition ethnique, socio économique des quartiers. La criminalité aussi fait partie de ma recherche.

    Merci.

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