Histoire de Montréal

Vol de drogues

Vol de drogues

Le vol de drogues au Palais de justice

On retrouve les malles volées, mais vides

Un agent de police a fait la découverte, hier après-midi (21 janvier 1921) à Maisonneuve, boulevard Pie-IX. Des mesures extraordinaires prises pour l’arrestation des voleurs, qui sont encore au large.

Les deux malles contenant les drogues volées pendant la nuit de mardi à mercredi dans l’une des voûtes du Palais de Justice, ont été retrouvées. Telle est la sensationnelle information que l’on nous a donnée, cet avant-midi, mais ces malles étaient complètement vides quand la police a mis la main dessus.

Le constable Racine, du poste #14, était de service, boulevard Pie-IX, hier après-midi, lorsqu’il aperçut tout à coup des objets sur la neige, tout à fait au nord du boulevard, dans Maisonneuve. S’étant approché il constata que ce qu’avait attiré son attention était une grande malle noire, dont le couvercle avait été brisé, et les morceaux d’une valise jaune. Le tout fut transporté au poste, et un rapport fut envoyé à la Sûreté. Des détectives allèrent examiner les objets et reconnurent les malles qui avaient contenu les drogues dont la disparition fait aujourd’hui le sujet de toutes les conversations, non seulement à Montréal, mais dans les autres villes et villages, et même aux États-Unis.

Les voleurs sont encore au large. Les policiers sont très réticents sur toute cette affaire, mais deux détectives que nous avons rencontrés cet après-midi nous ont affirmé être sur une excellente piste.

Me Philippe Monette, l’avocat du gouvernement fédéral dans les causes de drogues, était à Ottawa hier, lorsque la nouvelle du cambriolage est parvenue aux autorités de la capitale, par télégramme.

« Aussitôt, il a déclaré ce matin, il a été décidé par les autorités compétentes que tous les moyens humainement possibles pour retrouver les drogues volées et pour assurer l’arrestation des coupables. On ne regardera ni aux dépenses, ni au travail. Des agents spéciaux d’Ottawa se joindront aux détectives Philippe Fafard et J.-A. McDonald, qui s’occupent déjà de cette affaire à Montréal, avec les agents du chef Lorrain, de la Sûreté provinciale, et du chef Lepage, de la Sûreté municipale.

En quittant Me Monette, nous nous sommes rendus au bureau du chef Lorrain. Celui-ci nous a déclaré qu’il n’avait encore rien de nouveau dans la sensationnelle affaire. Cependant, le détective Georges Rioux qui était à lui donner son rapport pour le travail accompli pendant la journée d’hier, a été tout à coup appelé par le grand connétable Saint-Mars, qui avait sans doute d’importantes informations à lui donner.

Comment on procéda

On croit en certains quartiers que l’effraction n’a pas eu lieu de l’extérieur à l’intérieur du palais de justice. Les cambrioleurs se seraient laissés enfermer le soir dans le palais de justice, et une fois la nuit venue, ils se seraient emparés des drogues après avoir pénétré par effraction dans le bureau du grand connétable Saint-Mars, où se trouvait la clé de la voûte de sûreté.

En partant avec les deux précieuses malles, les cambrioleurs auraient enfoncé la vitre d’une des portes du palais pour faire croire que les audacieux personnages étaient arrivés sur les lieux juste pour perpétrer le vol. Mais le chef Lorrain que nous avons interrogé à ce sujet, nous a déclaré qu’il ne croit pas à cette théorie. Pour lui, les cambrioleurs venaient bien du dehors.

Un autre détective croit que le vol a été comploté par des adeptes des drogues qui savaient depuis longtemps que de grandes quantités de morphine et de cocaïne se trouvaient dans la voûte.

Ces individus, avec l’aide de dangereux bandits, auraient fait le coup, et à l’heure qu’il est, le contenu des malles serait déjà rendu aux États-Unis.

Les cambrioleurs ont dû concevoir l’idée du vol en voyant transporter après chaque séance du tribunal les grosses malles contenant des drogues, dans la voûte du palais. Ils ont pu parfaitement voir aussi le grand connétable fermer à clef l’endroit, puis prendre le chemin de son bureau. Comme la clef est de fortes dimensions, les voleurs savaient que le grand connétable ne pouvait l’emporter dans ses goussets, et ils étaient certains de la trouver dans son pupitre.

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Drogues, l’expression la plus abominable de la racaille humaine, digne seulement de la poubelle. Photo : © GrandQuebec.com

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