Histoire de Montréal

Premier syndicat des policiers

Premier syndicat des policiers

Premier syndicat des policiers

Historique de la syndicalisation des policiers de Montréal

Déjà au XIXe siècle, les policiers montréalais ont compris que pour améliorer leur sort, ils devaient s’unir et s’organiser. Ainsi, c’est en 1892 que les policiers fondent l’Association de bienfaisance et de retraite de la police de Montréal qui existe encore aujourd’hui. Cette association avait pour but, lors de sa fondation, d’offrir une rente de retraite aux policiers et de venir en aide à ceux qui ne peuvent plus travailler pour cause de maladie ou d’accident.

En 1903, l’Association athlétique amateure de la police de Montréal voit le jour, pour inciter les policiers de Montréal à faire du sport. Cette association est toujours active et au-delà de son programme d’activités locales, elle voit à la participation des policiers et des policières montréalais aux Jeux mondiaux des policiers et des pompiers.

Il faudra toutefois attendre l’année 1918 pour que voie le jour le premier syndicat représentant les policiers montréalais. L`Union ouvrière fédérale des policiers, n° 62, ainsi nommée par le Congrès des métiers et du travail du Canada auquel elle est affiliée, comme plusieurs syndicats de policiers au Canada, voit le jour le 10 septembre 1918.

Contrairement aux deux associations précédentes, qui bénéficiaient de l’appui des autorités municipales, l’Union ouvrière fédérale des policiers, n° 62 naît dans la controverse et plus de 20 années seront nécessaires pour que les policiers montréalais puissent défendre leurs droits de façon efficace, avec l’aide d’une association bien rodée et dont l’existence ne sera plus contestée.

En effet, la syndicalisation des policiers de Montréal survient à un moment de très forte agitation ouvrière dans la métropole et plusieurs groupes d’employés municipaux se syndiquent à la même époque.

C’est ainsi que le 12 décembre 1918, quatre syndicats regroupant les policiers, les pompiers, les employés de l’incinération et de l’aqueduc, ainsi que les ingénieurs mécaniciens font front commun et déclenchent la grève. Ce sera une première pour les policiers montréalais, qui débrayeront d’ailleurs trois fois dans leur histoire.

Le 12 décembre 1918, les griefs des employés municipaux concernent la rémunération et le renvoi de trois hommes forts de la police.

La Ville de Montréal est sous tutelle à cette époque à cause des problèmes financiers. Alors, c’est une Commission administrative nommée par le gouvernement Lomer Gouin qui la dirige. Cette commission congédie d’entrée 54 employés municipaux et 23 officiers de police ont également déjà été congédiés quelques mois auparavant par le nouveau directeur de police. De plus, malgré l’assentiment du sous-ministre du Travail du Québec de soumettre un projet de contrat de travail du syndicat des policiers au processus de conciliation et d’arbitrage, la Commission refuse de s’engager dans ce processus avant d’avoir terminé la préparation de son budget.

Pour couronner le tout, on découvre que les trois dirigeants du Service de la sécurité publique nommés par la Commission administrative ont déjà fait l’objet de condamnations pour assauts et vols par effraction. Bref, la table est mise pour un durcissement des positions syndicales.

Fait assez cocasse, le maire et tous les échevins appuient les grévistes, heureux de mettre dans l’embarras la Commission administrative qui leur a ravi le pouvoir. Toutefois, la grève ne dure que trente-trois heures, l’archevêque de Montréal donnant l’assurance que les trois directeurs (Mm. Tremblay, Mann et Bélanger) seraient démis de leurs fonctions.

Les conditions de travail des grévistes seront donc soumises à un tribunal d’arbitrage.

Curieusement, certains éléments de ce premier document établissant les conditions de travail des policiers de Montréal feraient encore partie de la convention actuelle des policiers et policières de Montréal.

Si cette grève est un succès pour les syndiqués, il n’en reste pas moins que les employés municipaux, tout particulièrement les policiers, auront à se battre encore longtemps pour qu’on leur reconnaisse un véritable droit de se syndiquer.

Cependant, au cours des vingt années qui suivront, les autorités de la Ville de Montréal veulent éliminer le syndicalisme chez les policiers. Grosso modo, on estime alors que la discipline ne peut être assurée que par une seule ligne d’autorité dans le Service de police. Un syndicat de policiers est vu alors comme une source d’indiscipline et une menace pour la sécurité publique. C’est ainsi que la Ville de Montréal n’aura de cesse de mettre des bâtons dans les roues de toute demande provenant du syndicat policier. Elle aura tellement bien réussi son travail de sape que le premier syndicat rendra l’âme en 1940, faute de membres.

Source : Musée de la police.

Police

Policiers de Montréal en 1918

Escouade de policiers de Montréal motards, en 1918. Source de la photographie : Escouade_policiers_motards_Montréal

Voir aussi :

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>