Histoire de Montréal

Pauvreté à Montréal

Pauvreté à Montréal

Trois fois plus de pauvres à Montréal

Un témoignage de l’histoire récente : À Montréal la pauvreté a un gros coin de la ville, l’est. Dans la partie est de l’île de Montréal, la majorité des citoyens vivent pauvrement ou modestement.

Un certain nombre est moyennement à l’aise, mais les riches sont rares.

À l’ouest, c’est inverse : les gens sont surtout favorisés, et ne sont qu’exceptionnellement de statut moyen ou défavorisé. Moins il y a d’argent dans les coffres de l’État et plus il importe de cerner les groupes défavorisés qui doivent être considérés comme prioritaires dans la distribution des services sociaux et de santé.

C’est à cet exercice que s’est livré le Centre des services sociaux Montréal-métropolitain avant de présenter une carte de la pauvreté urbaine au Québec. L’étude a pour titre « La distribution de la pauvreté et de la richesse dans les régions urbaines du Québec. Elle fait état de la concentration de la pauvreté dans la région de Montréal, et à l’intérieur de celle-ci, dans le secteur est de l’île. À Montréal, la différence est nette : à l’est, les pauvres; à l’ouest, les riches.

La ligne de démarcation passe par la rue Bleury, puis l’avenue du Parc plus au nord, et longe les limites est d’Outremont et de Mont-Royal. Pour sa part, l’ouest de l’île regroupe un ensemble de municipalités au statut économique élevé, comme Côte Saint-Luc, Hampstead, Westmount, Pointe-Claire, Beaconsfield, Sainte-Anne-de-Bellevue, etc.

L’Île Jésus (Laval) compte surtout des secteurs de statut moyen-haut, et plus marginalement des secteurs des autres niveaux de statut. Au CSS-MM, on est d’avis que les décisions d’ordre économique doivent de plus en plus être pesées en fonction de leur impact prévisible sur les besoins en matière de services sociaux.

Par exemple, les fermetures d’usine dans l’est de Montréal entraîneront certainement un appauvrissement de la population touchée qui vivra, à plus ou moins long terme, des problèmes personnels et familiaux nécessitant une aide psychosociale. De plus, l’analyse du statut socio-économique de la population de l’île de Montréal et de l’île Jésus (Laval) démontre que cette zone se distingue des autres par son pourcentage élevé de secteurs défavorisés.

En comparaison avec les autres régions urbaines du Québec, on constate en effet que les pauvres sont surreprésentés à Montréal, tandis que les « très pauvres » y sont proportionnellement trois fois plus nombreux qu’ailleurs au Québec.

(Ce texte a été publié dans La Presse le 12 mars 1986)

la poubelle

À la poubelle! Photo : © GrandQuebec.com

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