Histoire de Montréal

Origines de Montréal

Origines de Montréal

Origines de Montréal

Bien que Jacques Cartier ait visité l’île et gravi la montagne qui la domine dès 1535 (au moins, la légende le dit, mais personne en est sûr, il peut-être n’a pas vu la partie sud de l’île, en arrivant par ce qu’aujourd’hui est le quartier Côte – de – Neige et en puisant dans la terre dans les lieux, occupés de nous jours par le Pavillon Lionel Groulx de l’Université de Montréal), ce n’est qu’au début du 17e siècle que des Français décident de s’installer à cet emplacement.

Ce n’est pas le commerce des fourrures qui pousse alors la France à coloniser le territoire, mais le désir de convertir les Amérindiens qu’entretiennent quelques fervents catholiques français. Ce projet mène à la fondation de Ville-Marie, le 17 mai 1642, par Chomedey de Maisonneuve (le baptême est le 18 mai, alors, parfois on parle de cette date comme la date de la fondation). Jeanne Mance et Marguerite Bourgeoys concourent à la mise sur pied de l’idéal évangélique et social, alors qu’en 1645 débute la construction de l’Hôtel-Dieu et, quelques années plus tard, de la première école. Dès 1657, des prêtres du séminaire de Saint-Sulpice de Paris s’établissent à Ville-Marie, dont ils influenceront la destinée en tant que seigneurs de l’île. En ce qui concerne le pieux projet de conversion des Amérindiens, les «Montréalistes», comme on commence à les appeler, ont tôt fait de déchanter.

En effet, les attaques répétées des Iroquois, qui craignent que la présence des nouveaux arrivants ne nuise au lucratif commerce des fourrures, donnent bien des maux de tête aux colons. Lorsque Louis XIV prend en main l’administration de la Nouvelle-France, en 1663, il envoie des troupes pour assurer la sécurité des habitants de la ville, qu’on désigne alors déjà sous le nom de Montréal. Pourquoi «Montréal»? Le toponyme «Montréal» suscite bien des interrogations et donne libre cours à de nombreuses théories quant à son origine. Jacques Cartier avait découvert en 1535 un village iroquois nommé Hochelaga, qu’il avait situé sur l’ «île du mont Royal», mais Chomedey de Maisonneuve, lui, donnera à l’établissement le nom de Ville-Marie, lors de sa fondation en 1642. Par contre, quelques années après les voyages de Cartier, un Italien, Giovanni Battista Ramusio, publie en 1556 un ouvrage où l’on retrouve un plan des environs du mont Royal, qu’il nomme la Terra de Hochelaga, Nella Nova Francia.

La traduction en italien de mot Royal donne Monte Real, ce qui serait à l’origine du toponyme Montréal. De même, en 1575 dans La Cosmographie universelle de tout le monde, Francois de Belleforest affirme que les chrétiens de la région appellent cet endroit Montréal. Puis en 1612, Samuel de Champlain dresse une carte de la Nouvelle France dans laquelle il utilise le toponyme Montréal. Quoi qu’il en soit, l’appellation de ville de Montréal supplante définitivement, au début du 18 siècle, celle de Ville-Marie. L’ère du commerce des fourrures. Née d’un idéal d’évangélisation, la ville de Montréal deviendra rapidement, sous le Régime français, le centre du commerce des fourrures ainsi que le point de départ des expéditions d’exploration du continent. Dès 1665 l’envoi de troupes militaires par l’administration royale concrétise la vocation militaire et commerciale de la bourgade. Pour les coureurs des bois et les explorateurs, c’est un point de départ obligé. Après la signature du traité de la Grande Paix avec les Iroquois en 1701, la ville prend vraiment son essor. Les grands marchands, qui envoient les coureurs des bois transiger directement avec les Amérindiens, sont de plus en plus nombreux à s’y installer. Grâce au lucratif commerce des fourrures, la ville prospère. Vers la fin du 17 siècle, l’administration royale la dote d’un plan délimitant ses principales artères, qui sont les rues Notre-Dame et Saint-Paul. On parle alors déjà de renforcer la protection de la ville qui n’est entourée que d’une enceinte de pieux. En 1716 débute la construction de fortifications en pierre de cinq mètre de hauteur, qui ne sera terminée qu’en 1741.

Chapelle Bonsecours

Chapelle Bonsecours

Montréal. Photo : GrandQuebec.com

Bref, la première moitié du 18 siècle est une période de prospérité et de croissance démographique pour la petite ville de Montréal. Vers 1730 apparaissent en effet les premiers faubourgs à l’extérieur des enceintes de la ville. Tout semble aller pour le mieux, mais la guerre de Sept Ans, qui fait rage en Europe de 1756 a 1763, viendra changer le cours de l’histoire. La France et l’Angleterre étaient déjà entrés en guerre à quelques reprises au cours des 17e et 18e siècles, entraînant du même coup leurs colonies respectives dans le conflit. En Amérique, les affrontements se soldent par la capitulation de Québec en 1760. On vit alors dans une attente angoissante puisque la guerre en sol européen ne se terminera qu’en 1763. Par le Traité de Paris, la France cède alors la Nouvelle-France à Angleterre. Montréal ne sera plus jamais la même… Incertitude politique et développement économique 1763 1850 Après la Conquête, les citoyens de Montréal vivent dans l’incertitude quant à leur avenir. Il faut attendre plusieurs années avant qu’un gouvernement civil ne soit mit en place.

C’est chose faite en 1764, mais dès lors, les citoyens de langue française se trouvent exclus du pouvoir décisionnel. Quand l’Acte de Québec entre en vigueur, en 1774, le serment du Test (serment de fidélité et d’allégeance à la couronne britannique et à la religions anglicane que doit prêter tout titulaire d’un poste important) est aboli et les francophones ont accès aux postes leurs ayant jusqu’alors échappé. Par contre, peu de temps après 1763, le fleuron économique de Montréal, c’est-à-dire le commerce des fourrures, échoit à un petit nombre de marchands anglais et écossais. En 1775-1776, la guerre de l’Indépendance fait rage un peu plus au sud; les Américains envahissent Montréal et l’occupent pendant quelques mois. Ils tentent de soulever la population contre la métropole britannique, mais sans grand succès. Lorsque les troupes américaines se retient, après avoir vaincu l’Angleterre de nombreux Loyalistes d’origine américaines, qui retirent, après avoir vaincu l’Angleterre, de nombreux Loyalistes d’origine américaine qui désirent rester fidèles à la couronne britannique, commencent à affluer à Montréal et un peu partout dans la colonie. Cette première vague d’immigrants change la composition ethnique de la ville. Entre les années 1812 et 1814, la guerre sévit à nouveau entre l’Angleterre et les États-Unis. Une fois de plus, les Américains remontent jusqu’à Montréal et tentent de soulever ses habitants contre la métropole. Une fois encore, la population de Montréal opte pour la neutralité. Dès 1815, alors que la paix est rétablie, beaucoup d’immigrants en provenance des îles Britanniques débarquent à Montréal et dans la colonie.

Ce sont surtout des Irlandais qui fuient la terrible famine qui sévit chez eux. Bien qu’ils soient nombreux, parmi les nouveaux arrivants, à s’installer en ville, d’autres ne font qu’y passer avant de se rendre plus à l’ouest, où de nouveaux territoires viennent d’être ouverts à la colonisation. Montréal est encore une fois un lieu privilégié pour vendre les marchandises qui vont servir au développement du nouveau territoire qui allait devenir l’Ontario. Parallèlement à cette arrivée massive de colons de langue anglaise, les Canadiens français connaissent une croissance démographique remarquable, ce qui ne leur suffit toutefois pas pour se maintenir en majorité a Montréal. Ainsi, entre les années 1831 et 1866, la population de la ville est majoritairement anglophone. C’est aussi à cette époque que la population de Montréal dépasse celle de Québec, devenant du même coup la plus grosse ville du pays. Déjà, les différents groupes ethniques se répartissent dans divers secteurs de la ville. Les francophones occupent surtout l’est, les Irlandais, le sud-ouest et les Anglo – Écossais, l’ouest. Ce modèle d’occupation du territoire persistera d’ailleurs de façon plus ou moins homogène jusqu’à ce que d’autres vagues d’immigration viennent modifier le visage de la ville.

En 1843, avec l’union du Haut et du Bas Canada conclue en 1840, Montréal obtient le titre de capitale du Canada Uni. Une autre guerre interethnique éclate. Le Parlement sera incendié par les bourgeois anglophones et c’est sous d’autres cieux que s’établira la capitale. Des années de croissance (1850 – 1914) La période qui s’étend du milieu du 19e siècle jusqu’à la Première Guerre mondiale est marquée par une forte industrialisation qui hisse Montréal au rang de métropole du Canada. La création du Canada Uni en 1840 et l’entrée en vigueur de l’Acte constitutionnel de l’Amérique du Nord britannique influencent fortement le développement de la ville, car les nouveaux territoires qui se développent dans l’ouest du pays comptent sur Montréal pour s’approvisionner. Les secteur d’activité économique les plus important pour Montréal au cour de cette période sont la chaussure, le textile, le vêtement, l’alimentation, la construction navale et l’industrie lourd. L’industrie de la transformation de l’acier, sur qui repose la fabrication de chemin de fer, connaît aussi un essor important.

C’est aux abords des installations portuaires et autour du canal Lachine que s’installent ce genre d’industries, attirant de nombreux travailleurs dans ce secteur. Si Montréal réussit à s’imposer en tant que métropole du pays, c’est d’abord grâce au développement du réseau ferroviaire canadien dont elle est le pivot. Deux réseaux permettent à la ville de bénéficier de plusieurs voies d’accès à ces marchés en pleine croissance: le réseaux du Grand Tronc, qui relie Riviére-du-Loup, au Québec, à Sarnia, en Ontario, et qui dispose d’un tronçon menant à Portland dans le Maine, de même que le réseau du Canadien Pacifique, qui à partir de 1885 relie Montréal à Vancouver. Au cours des années 1850, Montréal supplante aussi Québec dans le domaine maritime et portuaire alors qu’on creuse dans le fleuve un chenal entre les deux ville. Désormais, les grands océaniques peuvent remonter le fleuve jusqu’à Montréal. À cette époque d’autres travaux seront d’ailleurs effectués pour approfondir le chenal et laisser passer des navires plus imposants, comme ce sera le cas pour le canal Lachine.

La situation démographique à Montréal à la fin du 19e siècle début de 20e. Dans la seconde moitié du 19e siècle, Montréal connaît une véritable explosion démographique. Entre 1861 et 1901, la population de la ville de Montréal passe de 90323 a 267730 habitants. Cette croissance démographique est attribuable à immigration, bien entendu, mais aussi à l’exode rural. Les nombreux contingents d’immigrants en provenance des île Britanniques continuent d’affluer jusque dans les années 1860; ils seront remplacés par la suite par des Canadiens français d’origine rurale, attirés par l’espoir de trouver facilement du travail dans la grand ville. C’est d’ailleurs leur arrivée massive a Montréal qui renverse en 1866 l’équilibre linguistique de la ville. Montréal redevient alors majoritairement francophone. Dès la fin du 19e siècle, des immigrants autres que Français ou Britanniques commencent à affluer. Le paysage multiculturel de la ville prend forme tandis que les communautés juive, allemande et italienne deviennent plus importantes. L’urbanisation qui accompagne cette arrivée massive se manifeste par un étalement urbain grandissant et de l’annexion d’une trentaine de municipalités limitrophes, entre 1883 et 1918. Alors que de nombreux quartiers ouvriers se développent, la bourgeoisie se déplace sur les flancs du mont Royale, dans un secteur appelé le «Mille carré doré». Le clivage économique est d’ailleurs de plus en plus important au cours de cette période et même de plus en plus ethnique, alors que la haute bourgeoisie est surtout anglo-protestante et que la masse des ouvriers est composée de Canadiens français et d’Irlandais catholique. Au cours de la seconde moitié du 19e siècle, Montréal porte fièrement le nom de métropole du Canada, ayant ravi ce titre à Québec. C’est la ville plus peuplée du Canada et le centre économique du pays.

Par contre, Toronto, qui s’impose déjà comme métropole régionale de l’Ontario, commence à concurrencer Montréal sur son propre terrain. Entre les recensement de 1911 et de 1941, la population de la seule ville de Montréal passe de 467 986 à 903 007 habitants, pour atteindre 1 021 520 en 1951. Il s’agit d’une augmentation considérable, mais le mouvement d’annexion des municipalités de banlieue, qui débute à la fin du 19e siècle, permet d’absorber cette population croissante. Ce sont encore une fois les mouvements migratoires qui fournissent une part appréciable de cette population nouvelle. D’un côté, les vagues d’immigration étrangère, en provenance des île Britanniques, mais aussi des contingents venant d’Europe de l’Est Pologne, Ukraine), ainsi que des Juifs et des Italiens, continuent de grossir les rangs de leurs communautés respectives.

Ce mouvement est toutefois freiné pendant près de quinze ans, d’abord par la crise des années 1930, ensuite par la Seconde Guerre mondiale. Au début du 20é siècle les canadiens français sont encore nombreux à quitter la campagne pour la métropole, tout comme certains Canadiens anglais nés ailleurs au Québec ou au Canada. L’accroissement naturel de la population est aussi à prendre en considération, bien que la Grande Guerre et l’épidémie de grippe espagnole de 1918 aient entraîné un grand nombre de décès. Au cours des décennies 1920 et 1930, la proportion du groupe canadien – français dans la métropole oscille entre 63,1% et 66,3%. Ils sont toujours implantés dans l’est de la ville, du Vieux-Montréal à Montréal-Est, mais on les retrouve aussi au nord, entre le Plateau Mont-Royal et la rivière des Prairies, et enfin au sud-ouest, autour de Saint-Henri et de Sainte-Cunégonde. Les Britanniques, pour leur part, sont toujours concentrés dans l’ouest de l’île, autour du «Mille carré doré» et dans Notre-Dame-de-Grâce, mais aussi à Westmount, Hampstead, Mont-Royal, Montréal-Ouest et Verdun. La communauté juive, qui constitue le principal groupe ethnique qui n’est ni d origine français ni d’origine britannique, s’installe dans l’axe du boulevard Saint-Laurent, au nord de la rue Sherbrooke, mais la croissance de sa population l’amène aussi vers Outremont et Côte-des-Neige. Une part importante de la communauté italienne occupe quant à elle les alentours du boulevard Saint-Laurent et de la rue Jean-Talon, mais on la retrouve aussi un peu partout en ville, souvent dans des quartiers à majorité canadienne – française. Les immigrants sont venus modifier la configuration sociale de la ville, qui leur doit sa grande diversité culturelle.

À Montréal, aujourd’hui les francophones représentent 54% de la population et les anglophones 19%. Dans les faits, la population anglophone est cependant plus nombreuse à cause de l’apport des communautés juive, italienne et grecque, dont les membres sont en grande majorité anglophones. Cela dit, les deux tiers des résidents du Montréal métropolitains sont francophones et avec près de deux millions d’habitants s’exprimant en français, Montréal constitue la deuxième plus grand ville francophone du monde après Paris.

Ici la ville a été fondée

Ici la ville a été fondée

Montréal. Photo : GrandQuebec.com

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