Histoire de Montréal

Origine de quelques rues

Origine de quelques rues

Origine de quelques rues de Montréal

L’origine des rues du Vieux-Montréal, telles que les rues Saint-Antoine, Notre-Dame, Saint-Joseph, Saint-Laurent, Saint-Paul et quelques autres remonte à une époque reculée dans le XVIIIe siècle, les rues Notre-Dame, Saint-Joseph et Saint-Paul furent officiellement arpentées et nommées en 1672 (mais elles existaient auparavant à l’état de sentiers). Les rues Saint-Antoine et Saint-Laurent sont de dates plus récentes – la première fut d’abord un chemin qui s’élevait jusqu’aux coteaux Saint-Antoine et Saint-Pierre, tandis que la seconde devait tout simplement conduire à la paroisse Saint-Laurent, selon nous apprend l’archiviste de la Ville de Montréal, E.-Z. Massicotte.

En feuilletant les archives municipales à l’Hôtel de Ville de Montréal, le journaliste et l’historien du XIXe siècle Hector Berthelot trouva des renseignements intéressants au sujet de ces rues et places publiques.

En 1805, sur la Place d’Armes, il y avait un puits d’un diamètre de 30 pieds et d’une profondeur de 50 pieds. Ce puits connu comme le puits de Pierre Gadois (du nom d’un des premiers colons de Montréal) avait été creusé environ cent cinquante auparavant par les Français, mais depuis longtemps, l’eau de ce puits n’était plus potable à cause de l’infiltration des eaux sales des ruisseaux, qui étaient alors les égouts de la ville. On peut voir l’emplacement exact de ce puits dans le Vieux Montréal 1611-1803 de Pierre-Louis Morin, édité par H. Beaugrand.

Le puits avait été recouvert par un plancher et c’était là que les cultivateurs venaient vendre leurs framboises et leurs bluets. Le puits fut comblé en 1805, par ordre des magistrats qui dirigeaient les affaires civiques.

En parcourant le même volume des annales de la corporation, M. Berthelot découvre que l’origine de la rue de Jurés date de 1798 (cette rue n’existe plus). Dans la même année, on ouvre la rue Cheneville jusqu’au cimetière protestant, situé à l’époque place Dufferin.

Le premier trottoir sur la rue Saint-Laurent est posé en 1804.

En 1815, la rue Sainte-Radegonde est ouverte pour lier la rue Lagauchetière à la rue Saint-Bonaventure (aujourd’hui rue Saint-Jacques). Dans la même année, les juges de paix adoptent une résolution à l’effet de faire venir d’Europe un paveur pour entreprendre le pavage de la ville et des faubourgs.

En 1816, la rue Perthuis est ouverte et on homologue le plan de la rue Saint-Louis. La rue Lacroix sera percée un peu plus tard pendant la même année. Les rues Perthuis et Lacroix se trouvaient sur le site occupé maintenant par la gare Viger. Toutes deux rappelaient les noms d’anciens colons de Montréal, els sieurs Perthuis et Hubert-Lacroix. La rue Saint-Hubert perpétue d’ailleurs le nom de cette dernière famille.

En 1816 encore, on ouvre une rue de communication de la rue du Canal à la rue Saint-Paul, faubourg Saint-Joseph. Le terrain nécessaire à cet objet fut donné par les seigneurs de Montréal et M. John Stevenson. De là le nom de rue des Seigneurs.

En 1817, on pose, pour la première fois, des écriteaux portant les noms des rues.

En 1818, MM. Georges Lepailleur et Jean Bouthillier cèdent leur terrain à la ville pour la continuation de la rue Saint-Joseph (aujourd’hui Saint-Sulpice). La même année, on ouvre une autre rue au nord-est du terrain de John Molson, au cœur du faubourg Québec, sur un terrain donné à cet effet par M. Pierre Monarque. Cette rue portait le nom de M. Monarque. La rue Water ou Du Bord de l’Eau est ouverte, la même année, le long du fleuve, également faubourg Québec, ainsi que les rues Saint-Constant (rue Cadieux) et Sainte-Elisabeth (ces deux dernières ont plutôt été continuées de la rue Craig jusqu’à la rue Lagauchetière).

À la même époque, on ouvre la rue Saint-Denis sur le terrain acquis de dame veuve Denis Viger et de l’honorable Louis-Joseph Papineau. On forme alors le jardin Viger sur le terrain donné à cet effet par les mêmes personnes. De là les noms de la place Viger et de la rue Saint-Denis.

22 novembre 1884.

D’après Le beaux vieux temps, par Hector Berthelot, compilé revu et annoté par É-Z. Massocotte, éditions Librairie Beauchemin Limitée, Montréal, 1924).

ancienne gare viger

Ancien gare Viger vue depuis la rue Berri. Photo : © V. Petrovsky

rue saint-paul la nuit

Rue Saint-Paul la nuit. Photo : © V. Petrovsky

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