Histoire de Montréal

Une morgue à Montréal

Une morgue à Montréal

Nous aurons une morgue

La Commission de l’Hygiène se prononce par quatre voix contre deux en faveur du projet

La commission de l’hygiène a siégé hier après-midi et a étudié plusieurs offres pour l’établissement et l’entretien d’une morgue. M. L.-A. Payfer, de la maison Dumaine et Cie, demande une prolongation de contrat de cinq ans, aux conditions actuelles. Il fera les réparations demandées.

M. H. Bourgie offre de construire une morgue sur la rue Sainte-Catherine, entre les rues du Port et Frontenac (aujourd’hui, c’est l’espace entre les rues du Havre et Frontenac, où le parc Jos-Montferrand est localisé. Note de GrandQuebec). Il demande en échange une exemption de taxes pour 25 ans et les prix payés actuellement. Cet édifice sera consacré exclusivement à la morgue. Le plan de M. Bourgie comprend un sous-sol, un rez-de-chaussée et deux étages.

L’Hôpital-Général présente aussi des plans et est représenté par M. Patton qui explique que la morgue serait placée à l’angle de la rue Dorchester et de la rue Cadieux, sur les terrains de l’hôpital.

Les voisins, dit le président de la commission, s’objectent à l’établissement en cet endroit d’une morgue, mais c’est parce qu’ils ne connaissent pas les plans. En réalité ils ne souffriront de rien.

L’échevin Larivière fait observer que les voisins s’opposent à l’établissement d’une morgue à proximité de l’Hôpital Gééral et que ces objections n’existent pas contre les plans de M. Bourgie. Il vaudrait mieux n’étudier que ces derniers plans. L’échevin Dagenais remarque que malgré tout les propriétés des environs perdront de leurs prix parc que les gens seront préjugés contre la morgue comme ils l’ont été contre l’hôpital pour les contagieux.

MM. Larivière et Dagenais se prononcent pour les plans de M. Bougie, M. Dagenais, en sa qualité de médecin, met en valeur les arguments propres à appuyer la demande de M. Bourgie.

Maître G.-A. Lacombe, qui représente M. Bourgie, fait ressortir les avantages des plans de celui-ci. La salle d’attente pour le public est séparée de la chambre des cadavres par une cloison de verres. Les corps sont là dans une sorte de réfrigérateur qui les conserve. Quant à l’assistance des étudiants à l’autopsie, il est le plus souvent défendu aux étudiants d’y assister, parce qu’ils pourraient empêcher par leur nombre la marche de la justice dans les cas où des recherches sont faites sur un cas de mort mystérieuse.

L’échevin Nelson dit que la situation de la morgue offerte par l’Hôpital-Général est bien meilleure et que cet hôpital n’entretiendra la morgue qu’au point de vue de la science tandis que M. Bourgie l’établirait pour faire de l’argent.

L’échevin Larivière propose que la commission recommande les plans de M. Bourgie au conseil et qu’une sous-commission dresse un contrat.

L’échevin Ames se déclare pour les plans de l’Hôpital-Général, mais si la commission se prononce pour cex de M. Bourgie, il fera son possible pour les faire adopter par le conseil.

La commission se prononce en faveur de la proposition Larivière par le vote suivant:

MM. Lavallée, Dagenais, Wilson et Larivière, pour; MM. Ames et Nelson, contre.

Le sous-comité, qui étudiera la question, est composée de MM. Ames, Dagenais et Larivière.

La nouvelle morgue devra être prête pour le 1er juin 1904.

(Texte paru dans l’hebdomadaire Le Canada, le 3 avril 1903).

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Le coin des rues du Havre et Sainte-Catherine aujourd’hui. Crédit photo : Cartes Google.

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