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Expo Montréal

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L’Expo 67 : sur le fleuve

C’en est fait. L’ère des rumeurs n’est plus.

L’exposition universelle canadienne qui sera ouverte en avril 1967, se tiendra sur une partie de l’Île Ste-Hélène agrandie ainsi que sur une île créée par des travaux de remblaiement et de remplissage hydraulique, estimés à $8,400,000, en bordure de la Voie maritime du St-Laurent, et qui englobera l’île Moffat et des îlots actuellement entourés d’eaux peu profondes, tout juste en aval du pont Victoria.

Reliée au réseau initial composé de deux lignes – « est-ouest » et « nord-sud » – déjà en construction sur l’île même de Montréal, une autre ligne de métro, longue de trois milles, sera aménagée, au coût approximatif de $13,000,000, sous le fleuve St-Laurent jusqu’à la rive sud du fleuve.

C’est là, en bref, ce qui ressort des précisions révélées le 28 mars 1963, par M. Lucien Saulnier, président du comité exécutif de la Ville de Montréal, du parquet de la salle du conseil, à l’hôtel de ville, en présence de Mm. Léon Balcer, ministre des transports du Canada, représentant de M. John Diefenbaker, ministre tuteur de l’expo, Gérard Lévesque, ministre provincial de l’Industrie et du Commerce, Paul Bienvenu, commissaire général de l’exposition, C.-F. Carsley, sous-commissaire général, de la plupart des conseillers municipaux, de quelques autres invités, dont M. Guy Beaudet, gérant du port de Montréal, auxquels le maire Jean Drapeau, un homme ravi comme l’était M. Saulner, a souhaité la bienvenue.

Approbation d’Ottawa

Quelques heures plus tôt, MM. Drapeau et Saulnier avaient enfin appris d’Ottawa que le gouvernement Diefenbaker, celui qui, de par la loi, devait dire le dernier mot, venait, à la suite de M. Jean Lesage, d’approuver officiellement le « choix de l’administration municipale » (dixit M. Drapeau).

L’exposition universelle sur la rive sud ? Aucunement, selon M. Saulnier, qui insiste : ce sera à Montréal, sur le Saint-Laurent, sur des îles en face de la métropole, des îles qui font ou feront bientôt partie du territoire de la Cité de Montréal.

L’Île Ste-Hélène, déjà propriété de la Ville, sera agrandie à même l’île verte (en amont) et l’île Ronde (en aval). Sa superficie sera portée de 135 à 310 acres.

Aucun bâtiment de l’expo – permanent ou temporaire – ne sera construit sur la partie actuelle de l’île Ste-Hélène, territoire qui demeurera à la disposition des Montréalais d’ici le printemps de 1967, d’après ce qu’a déclaré M. Saulner.

On en édifiera des « temporaires » sur la partie « agrandie » de l’île. De sorte que, l’expo terminée, l’île Ste-Hélène agrandie de 175 acres sera toute accessible comme « île de verdure » et comme « parc public ».

« Partie » de Montréal

Quant à l’île Moffat et aux îlots qui l’avoisinent, au nord de la Voie maritime du Saint-Laurent, un territoire que M. Saulner, qualifie de « no man’s land », un territoire bientôt baptisé «île Notre-Dame », où les bâtiments permanents seront édifiés, des démarches seront entamées sans délai auprès des autorités gouvernementales afin que le tout soit déclaré « partie » de la Ville de Montréal.

Aussi, aux dires de M. Saulnier, la nouvelle île Notre-Dame aura une superficie de 310 acres (même superficie qu’à l’île Ste-Hélène « agrandie ») qui ne font actuellement partie d’aucune ville, sauf 50 acres, soit 15 dans Jacques-Cartier, et 35 dans Longueuil. On compte pouvoir livrer l’île Notre-Dame aux responsables de l’exposition d’ici le premier juillet 1964.

Les voies d’accès ? Il y aura d’abord le pont Victoria et le pont Jacques-Cartier. Outre la ligne projetée de métro, il y aura peut-être un monorail installé au-dessus des voies de chemin de fer du pont Victoria. Un pont temporaire relierait le secteur de Pointe-St-Charles, via le quai McKay, à l’île Notre-Dame.

Les parcs de stationnement, il y en aura de vastes. Pour l’instant on précise qu’il y en aura trois dans le voisinage de Pointe-St-Charles, d’autres sur la rive sud, puis « aux stations de raccordement du métro avec l’emplacement de l’expo ainsi qu’aux points de relais stratégiques ».

Sauf dans le cas des parcs de stationnement, journée fertile en précisions que celle du 28 mars 1963. Enfin!

Note finale : À la lumière de ce qu’on sait aujourd’hui, on sera en mesure d’apprécier l’exactitude des propos tenus par les politiciens ce jour-là

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Les îles de l'Expo-67. Carte postale de l'époque

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