Histoire de Montréal

La Maison du Diable

La Maison du Diable

La Maison du Diable
Par Hector Berthelot

Il n’y a pas bien longtemps, le pic du démolisseur s’attaquait à une vieille maison en bois vis-à-vis la prison. Le Canadien Pacifique faisait raser cette bicoque afin de continuer sa voie jusqu’à ses ateliers par une ligne diagonale passant sous la rue Notre-Dame, entre la prison et la rue Parthenais.

Cet antique bâtiment, construit sur la rive escarpée du fleuve, était connu autrefois, des navigateurs sous le nom de Maison du Diable. Le plus grand mystère voile l’origine de ce nom terrible. Peut-être, nous dit un vieux capitaine de goélette, lui avait-on donné ce nom, parce qu’il existait alors, vis-à-vis d’elle, dans le courant Sainte-Marie, le plus violent des tourniquets.

Ce tourniquait était à une centaine de verges de la grève et formé par la batture des Fourneaux ainsi appelée parce que les premiers fourneaux à chaux, il y a cent ans, étaient situés près de cet endroit.

La commission du havre en prolongeant ses quais jusqu’à la prison a dragué la batture qui est disparue presque complètement aujourd’hui avec le grand tourniquet.

Lorsqu’une goélette remontait le courant Sainte-Marie à la viole, le moment psychologique du pilote était celui où il passait devant la Maison du Diable. Si le vent était assez fort pour faire passer ce point à une goélette, le navigateur était sûr de se rendre au quai Bonsecours.

La Maison du Diable n’existe plus, mais son souvenir restera longtemps dans la mémoire de nos marins d’eau douce.

13 décembre 1884

(D’après Hector Berthelot, Le bon vieux temps).

ville fantome

Montréal, ville fantôme. Photo : © GrandQuebec

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