Histoire de Montréal

Camillien Houde élu

Camillien Houde élu

Montréal s’est choisi un nouveau maire

Le 2 avril 1928, M. Camillien Houde est élu par plus de 20 000 voix de majorité sur l’honorable Médéric Martin. Le nouveau maire de Montréal obtient plus de 58 000 voix.

Les citoyens de Montréal, par un vote décisif, se sont donné un nouveau maire et ont renvoyé à son foyer celui qui avait été leur premier magistrat pendant douze ans et qui leur demandait une dernière et finale réélection avant qu’il ne se retirât de la vie publique municipale.

M. Camillien Houde aobtenu plus de 20 000 voix de majorité sur l’honorable Médéric Martin. M. Houde a de bonnes majorités dans 20 quartiers de la ville, sur 35, et le maire Martin n’a eu de faibles majorités que dans les six quartiers suivants : Papineau, Sainte-Marie, Sainte-Cunégonde, Hochelaga, Saint-Henri et Saint-Jean-Baptiste. Dans tous les quartiers de la ville, M. Martin a vu diminuer le nombre de ses partisans, particulièrement dans Bourget, Saint-Louis, Hochelaga et Saint-Jean-Baptiste, où ses pertes ont été les plus considérables. Les quartiers à majorité anglaise ont voté plus fortement que jamais contre M. Martin.

Le peuple montréalais s’est de même très clairement prononcé sur le principe de l’avance de l’heure. Vingt-cinq quartiers de la ville se sont prononcés en faveur de la mesure, et les seuls qui enregistrèrent un vote contre sont: Papineau, Saint-Eusèbe, Sainte-Cunégonde, Sainte-Marie, Préfontaine, Hochelaga, Maisonneuve, Saint-Henri, Montcalm et Villeray.

La majorité totale enregistrée en faveur de l’avance de l’heure est de 14, 227. Cinq des six quartiers qui ont donné une majorité à l’honorable M. Martin en ont donné une contre l’avance de l’heure.

Commentaires du maire sortant :

« L’on dit que c’est une ère nouvelle qui se lève avec un homme nouveau, pour notre administration municipale. Je souhaite à mon successeur tout le succès possible et j’espère qu’il travaillera pour le plus grand bien des contribuables de la métropole ». C’est avec cette déclaration que a reçu la nouvelle l’honorable Médéric Martin, dans son bureau de l’hôtel de ville de Montréal.

Selon les médias de l’époque : « Frais et dispos, quoique ayant la voix un peu enrouée, vêtu de gris, portant à la boutonnière de son veston la traditionnelle fleur rouge, le premier magistrat a pris sa défaite gaiement. »

Alors que les journalistes l’entouraient, il fit mander M. J. – Étienne Gauthier, greffier de la ville, afin d’avoir un rapport complet du scrutin donné dans tous les quartiers de Montréal, à la mairie, à l’échevinage et sur l’avance de l’heure.

« Je trouve quelque peu étrange, ajouta-t-il, le nombre de votes qui se sont donnés et la majorité qu’a obtenu sur moi M. Houde. Les chiffres me paraissent un peu gros. »

Immédiatement, un journaliste lui demande s’il a l’intention de demander un recomptage. M. Martin se met à rire, mais ne répond pas à la question qui lui a été posée.

– Vous verrait-on dans la lutte, dans deux ans?

– Jamais vous ne me verrez dans la vie publique. On m’offrirait $100, 000, on m’a apporterait sur un plateau d’argent mon élection par acclamation, que je refuserais. Il y a trente-cinq ans que je me dévoue pour mes concitoyens, à qui je crois avoir rendu quelques services. J’ai presque délaissé ma famille. Je n’ai pas connu durant cette période les joies de cette vie de famille. Enfin, je vais pouvoir me reposer et jouir de la vie. Il y a assez longtemps que je peine et que je travaille. Il me semble que j’ai gagné de me reposer.

camillien houde

Camillien Houde vers 1930. Photo de l’auteur inconnu, photo du domaine public

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