Histoire de Montréal

L’incendie de 1852

L’incendie de 1852

L’incendie de 1852

Le plus grand incendie que Montréal ait jamais connu a eu lieu le 9 juillet 1852. Près de 1112 maisons furent détruites et 10 mille personnes se retrouvèrent à la rue.

L’été 1852 est particulièrement chaud et cette canicule est aggravée par la pénurie d’eau dans la métropole. L’eau de la ville de Montréal est alors stockée dans le grand réservoir de la Côte-à-Baron (l’actuel Carré Saint-Louis), mais depuis le mois de juin, ce réservoir est vide et les autorités municipales en profitent pour le nettoyer.

C’est alors qu’une maison en bois de la rue Saint-Laurent prend feu. Il faut rappeler qu’en ce temps-là, la plupart des maisons sont construites en bois, qui est beaucoup moins cher que la pierre.

Au bout de quelques minutes, le feu s’étend aux maisons voisines. Les pompiers arrivent rapidement sur les lieux, mais faute d’une réserve suffisante en eau, ils ne peuvent rien faire.

Brusquement, le vent se lève et le feu se propage. Tout le quadrilatère compris entre la rue Saint-Denis, la rue Craig (actuellement, rue Saint-Antoine), la rue Saint-Laurent et la rue Mignone (qui n’existe plus) se transforme en une torche géante.

Les habitants fuient et les pompiers reculent devant l’offensive du feu et la forte chaleur qui se dégage du brasier.

En l’espace d’une heure, le Palais épiscopal, la cathédrale Saint-Jacques (sur la rue Saint-Denis) et l’Hôpital Protestant installé sur la rue Dorchester sont la proie des flammes.

Le feu arrive ensuite au théâtre Royal, près de la Porte de Québec, dans la rue Gauchetière. De là, il se propage jusqu’à la rue Saint-Laurent, puis il cesse finalement faute de combustible.

En quelques heures, le quart de la ville de Montréal est anéanti.

Pendant des mois, la ville se transforme en un immense campement. Heureusement, les secours arrivent de partout, y compris d’Europe, sous forme de dons. On se met à l’ouvrage et, à l’arrivée des premières neiges, la plupart des sinistrés sont relogés.

Le lendemain de l’incendie, Mgr Bourget, évêque de Montréal (et poète à ses heures), déclare que : « c’est Dieu qui a soufflé, du souffle de sa colère, ce feu que la main de l’homme n’a pu maîtriser…, Dieu épargna ceux qu’Il voulait épargner et Il ruina ceux qu’Il voulait ruiner… »

Logiquement, dans un Québec catholique, après cette déclaration solennelle, aucune enquête n’a été établie sur l’origine de la catastrophe, ni sur les causes qui ont contribué à la propagation des flammes. Quand tout le monde est coupable, il est difficile de distinguer des responsables.

eau coule

« L’eau seule est éternelle.  » (Yun Son-Do, poète coréen, né en 1587 et décédé en 1676). Image : © Megan Jorgensen

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