Histoire de Montréal

Déficit de $100 000

Déficit de $100 000

Le déficit de 100 000$

Quand on pense en termes de centaines de millions de dollars, il est bien évident qu’une différence de quelque $ 100 000 fait plutôt penser à une goutte d’eau dans l’océan. Pourtant, c’est avec inquiétude que le maire de Montréal Médéric Martin a vu poindre le jour du 22 octobre 1917.

Ce matin-là il devait déposer le budget de la Ville de Montréal de 1918 sans avoir réussi, malgré des semaines de travail et beaucoup d’imagination, à combler l’écart de $92 795 entre les revenus prévus et les crédits de $16,3 millions requis pour administrer la Ville au cours de l’année suivante, et ce malgré un emprunt de $2,68 millions. Le maire hésitait à augmenter les emprunts, d’autant plus que le service de la dette représentait déjà 34 p.cent des engagements financiers de la ville de Montréal.

L’augmentation des dépenses

Pour justifier l’augmentation de 15,3 p.cent par rapport aux prévisions budgétaires de 1917, le maire Martin avançait certains motifs: augmentation de $50 à $150 aux policiers et aux pompiers, selon le grade: augmentation de $50 aux commis de la ville, dont le salaire annuel était porté à $1000: augmentation de $2,5 à $2,75 du salaire régulier des journaliers.

Le document du maire Martin était beaucoup plus riche en suggestions pour augmenter les revenus de la Ville. Sans doute, valables à l’époque, ses propositions en feront sourire plusieurs. Les voici:

  • Impôt nouveau pour l’enlèvement des ordures ménagères, dont les revenus prévus de $400 000 suffiraient pour combler les coûts d’incinération. Mais cet impôt ne devait pas toucher les propriétaires, que l’on disait surtaxés, et auxquels on voulait « ôter un prétexte pour hausser les loyers ».
  • Engagement au mois plutôt qu’à l’année de tous les fonctionnaires (policiers et pompiers exceptés) de façon à permettre à l’administration de procéder aux changements qu’elle jugera à propos.
  • Établissement d’un magasin municipal pour mettre fin à la politique d’achats en petites quantités, de manière à obtenir de meilleurs prix des fournisseurs.
  • Envoi d’un seul compté aux citoyens pour toutes les taxes, ordinaires, spéciales ou autres.
  • Établissement d’un inventaire suivi de près afin que rien de ce qui appartient à la ville ne puisse être enlevé ou détruit sans la connaissances des autorités.
  • Réduction du coût du foin acheté pour les chevaux de la ville. En revanche, confirmation du rejet de la demande de $100 000 du chef des pompiers Tremblay pour l’achat des machines automobiles susceptibles de remplacer les chevaux.
  • Suppression des pensions payées par la ville à d’anciens recorders qui son très riches.
  • Instauration d’un système de contrôle pour les employés de l’Hôtel de ville, auxquels il demande plus d’assiduité.

Et question de ne pas se fier à son seul flair, le maire avait sondé ses principaux collaborateurs. Il soumit leurs suggestions: confection des pavages et des trottoirs aux dépenses des propriétaires riverains; paiement des expropriations par les propriétaires qui en bénéficient; augmentation de la taxe immobilière; de la taxe d’eau et de certaines licences.

Notons finalement que l’aventure du maire Marin ne pourrait pas se répéter aujourd’hui, puisque que la loi oblige la Ville de Montréal à déposer un budget équilibré.

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Hôtel de ville de Montréal, vue de l’arrière (de la rue Gosford). Photo : © GrandQuebec.com

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