Premières années de la Côte-Saint-Antoine

Au cours des premières années de Ville-Marie, l’intérieur de l’île de Montréal n’est pas occupé par les Français. La ville se limite au bourg fortifié sur la rive nord du fleuve, car les Amérindiens tolèrent mal l’envahisseur.

Avant 1660, la cité se développe surtout dans le secteur délimité approximativement par l’actuelle Place d’Youville, Place d’Armes et Place Jacques-Cartier.

La Côte-Saint-Antoine quant à elle, n’est qu’une grande forêt, où un sentier est aménagé par les Iroquois pour descendre vers le fleuve.

Cependant, quand en 1660 l’île de Montréal, alors la seigneurie de l’Ordre des Sulpiciens, est divisée en neuve paroisses, la Côte-Saint-Antoine est désignée paroisse et l’actuelle ville de Westmount en fait partie.

Peu après, la Côte-Saint-Antoine devient partie de la Contrée St-Joseph. Cette appelation est plutôt vague est désigne toutes les terres du côté ouest de la ville.

Encore en 1669, les Sulpiciens fondent la première mission au Fort de la Montagne, entre les rues actuelles Wood et Atwater. Le Fort de la Montagne est un poste assez grand, composé d’une église, quinze maisons et cinquante huttes, mais il est détruit par le feu en 1690. On le reconstruit sur l’actuel emplacement du Grand Séminaire, rue Sherbrooke Ouest. Deux de ses tours existent encore.

En général, ces terrains sont rendus par les Sulpiciens aux militaires en récompense pour les services. C’est ainsi que Jean Décarie, Martin Hurtubise et Jean Leduc reçoivent, en 1654, un terrain situé à l’ouest de l’île, au pied de la montagne et défrichent les terres, construisant leurs demeures en bordure de la Côte-Saint-Antoine.

Il y a eu d’autres maisons de ferme, érigées entre le XVIIe et XVIIIe siècles, mais elles sont disparues sans laisser de traces.