Histoire de Montréal

La fièvre du déménagement

La fièvre du déménagement

La fièvre du déménagement

Ni la pluie, ni le vent, ni le soleil, ni la neige ne peuvent arrêter le vaillant cavalier du Poney Express…

Ce mot d’ordre bien connu ne s’applique plus de nos jours seulement aux facteurs, mais colle très bien à ceux qui déménagent chaque 1er juillet, qu’il fasse un soleil de plomb où qu’il pleuve à boire debout.

S’il y a des gens qui déambulent dans les rues de Montréal arborant de petits drapeaux canadiens à la main pour fêter la Confédération, il y en a d’autres qui tentent de protéger tant bien que mal leurs meubles de la pluie.

Michel Champagne, un ferblantier de 33 ans, était un de ceux-là, et la camionnette de son beau-frère Mario, où il avait entassé tous ses biens, «faisait de l’eau».

« Je me demande bien si mon matelas sera sec pour ce soir », a lancé en riant M. Champagne. «Ça fait trois fois que je déménage en trois ans et il pleut à chaque fois. J’ai beau changer de date, il pleut toujours, ça n’a aucun sens».

L’été 1989 aura été un gros été pour les déménageurs québécois. Bell Canada estime que 107 000 personnes auront changé de résidence sur l’île de Montréal durant la période de pointe de juin-juillet, 13500 de plus que l’an dernier.

Les compagnies de déménagement confirment qu’elles sont encore plus surchargées que d’habitude. Le Clan Panneton, par exemple, fait ces temps-ci, 80 déménagements par jour, contre 60 l’an dernier. À tel point que la compagnie doit référer des clients à ses compétiteurs.

Même chose pour les entreprises de location. À la succursale de U-Haul à Saint-Hubert en fin de semaine, chacun des 14 camions est loué par trois clients différents chaque jour, à raison de six heures par client. De plus, rapporte Joël Santon, «c’est la première année que tous mes camions étaient loués toutes les fins de semaine de juin. Mai et juin ont été des mois records pour U-Haul».

Comment expliquer cette fièvre du déménagement? Tentative d’explication de la directrice du marketing au Clan Panneton Mme Diane Panneton : «Les taux d’intérêt se maintiennent depuis avril, alors les gens ont acheté des maisons…» Et puis il y a la mode des condos. Seulement à Pointe-Saint-Charles, il s’est construit des dizaines de condos!».

La situation du marché locatif aurait aussi contribué à l’augmentation du nombre de déménagements. Selon les chiffres les plus récents, 15 000 logements étaient vacants sur l’île de Montréal en avril. Le taux de vacance, qui se situe généralement autour de 2 p. cent, atteignait alors 4 p. cent.

«C’est une anomalie dans le marché, ça ne s’est pas vu depuis la période post-olympique», affirme un analyste de la Société canadienne d’hypothèque et de logement M. Ousmane Ba. «Avec le boum de la construction de 1987-1988, de gros blocs de logements sont arrivés sur le marché».

«Dans unetelle situation, explique M. Ba, les locataires sont plus enclins à déménager. Dès que leur propriétaire annonce une augmentation, ils sont prêts à quitter parce que le marché leur est favorable. Les propriétaires offrent toutes sortes d’incitatifs, tels des mois de loyers gratuits, pour attirer des locataires. »

(Publié dans La Presse le 1er juillet 1989).

Voir aussi :

1 commentaire

  1. patrick

    2010/11/22 at 4:56

    Pour le sport national, j’ai appelé mon attaque à 5, c’est à dire déménagement-remax. Ils ont tous emballés et déballé rendu à mon nouveau domicile. Ils sont arrivé à l’heure qu’ils étaient supposé. Mon plancher est resté beau parce qu’ils ont mis du tapis partout par terre et mes meubles sont dans le meme état qu’ils étaient avant de déménagement.

    Ils sont vraiment bon, rapide et efficace.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>