Histoire de Montréal

Chronique policière de l’an 1903

Chronique policière de l’an 1903

Chonique policère de la semaine du 11 mai – 17 mai 1903 – crime et châtiment à Montréal

Denis Murphy, un gibier de prison, réussit à s’évader – Un Chinois tente d’assassiner l’officier en second du steamer « Theodore Willie » – La Grève violente des camionneurs est enfin terminée – Blessé par une cuvette chargée de pierre

Un habile cambrioleur était jeté dans les cellules du poste central de Montréal, comme c’est l’habitude, on le fouilla, mais on ne trouva rien sur lui. Le rusé coquin avait dissimulé dans la doublure de son paletot une petite scie appelée « ruban » pour les cambrioleurs.

Vers minuti, le filou se mit à l’oeuvre et le lendemain matin, le brave geolier du poste central s’aperçcut que le prisonnier s’était échappé par une des fenêtres de la rue Notre-Dame.

Depuis cette évasion les plus grandes précautions ont été prises.

Mais les criminels ont plusieurs cordes à leur arc. Hier avant-midi Denis Murphy, un gibier de prison, a trouvé moyen de glisser entre les mains d’un constable. Il y a deux ans Murphy se portait sans provocation, à des voies de faits sur M. Michel Mingue, maitre charretier de cette ville. Le chef de police averti, confia le soin à deux de ses policiers de picner le prévenu.

Hier soir, Murphy se promenait sur la rue des Pins, quand il vit non loin de lui deux policiers. Murphy s’élança au pas de course.

Les constables se mirent à lui donner la chasse. Un des constables voyant qu’il ne parviendrait pas à réprendre le prévenu sortit son revolver de sa poche,m visa et tira.

La balle destinée à Murphy alla se loger dans la jambe d’une dame Prieur.

Le fugitif s’échappa, mais il fut reprise plus tard et condamné à la police.

La semaine dernière il était encore cité en cour des Recorders sous l’accusation d’avoir battu M. Lynn Turner, hôtelier de la rue Bleury. Il fut trouvé coupable sur les trois accusations et devait recevoir sa sentence l’autre jour.

Quand toutes les causes furent appelées l’autre matin, Denis Murphy manquait à l’appel. On chargea un constable d’aller chercher le prisonnier qui avait été oublié à l’hôtel de ville.

Le constable de la mission s’en acquitta fidèlement, mais quand il se présenta à la cour des Recorders le juge Weir avait regagné ses appartements particuliers.

Le constable qui avait reconduit son prisonnier dans la boite aux criminels dit à Murphy : attends-moi ici, j’ai à parler à quelqu’un. Et il s’en alla pour quelques instants.

Mais quand il revint, le rusé Denis Murphy avait disparu.

Nous renonçons à peindre la binette du constable quand il revint et qu’il trouva l’oiseau envolé

Nous n’avons qu’un souhait à faire, c’est que Murphy soit repincé et que le constable ne soit pas trop reprimandé par le chef Legault.

Crime et châtiment

Sa raison de commettre le crime, c’est précisément de le commettre sans raison. (Les caves du vatican, édition brain food, 2014 – André Gide). Photo de GrandQuebec.com

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Un transatlantique qui a fait longte,ps le voyage entre Londres et certains ports de la côte chinoise, a fait, ces jours derniers, son premier voyage à Montréal. Il avait à son bord un certain nombre de disciples du trop fameux prince Tuan. Un d’eux refusa de travailler et fut mis aux fers. Il se ravisa et consentit à suivre les termes de son engagement.

Il avait cependant gardé rancune aux officiers et se promettait de tirer vengeance de ces « chiens de barbares » comme on appelle là-bas les civilisés. Tuan travaillait au déchargement des barres de fer. Il profita de l’instant où l’officier en second avait le dos tourné et s’élance pour le frapper avec une barre de fer. Le coup s’abattit sur l’épaule du second qui s’affaissa.

On s’imagine l’émotion que cette tentative meurtrière causa. Le second à peine revenu alla loger une plainte contre le Chinois. Tuen Suen fut arrêté et conduit dans les cellules du poste où il attendra son procès.

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La zizanie a éclaté dans le camp des camionneurs, à la suite du règlement de la grève.

Les chefs grévistes prétendant que les intérêts des camionneurs ont été sacrifié sans cause.

D’après eux, la victoire devait rester aux grévistes et l’on annonce que ces derniers se sont rendus sans conditionl L’un des chefs a déclaré qu’il avait honte d’un pareil compromis.

On annonce pourtant que le Grand Tronc ne se laissera pas attendrir par la soumission de ses employés et qu’il n’élèvera pas les salaires.

Le Pacifique a l’intention de porter à $1.75 les salaires qui n’étaient que %1.50.

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Un accient est arrivé, samedi, au nouvel élévateur Weber. Henri Gagné, un ouvrier, a reçu sur l’estomac une de ces lourdes cuvettes qui sert à monter des pierres et du ciment aux étages supérieurs.

On s’empressa de porter secours au malheureux. On enleva la cuvette de dessus Gagné et l’on constata qu’il vivait encore. Il fut transporté à l’hôpital Général et d’après les dernieres nouvelles, sa mort n’est qu’une question d’heures.

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Le steamer « Tonian », qui a quitté notre port hier matin, ayant à son bord les quarante-six débardeurs anglais importés qui avaient consenti à retourner dans leur pays, a failli être le théâtre d’un véritable drame.

En cour des Recorders l’avocat MacMaster avait promis aux accués qu’ils retrouveraient leur butin à bord du steamer sur lequel ils devaient faire la traversée. Les débardeurs ont constaté qu’il leur manquait qui, un veston, qui des pantalons, qui des chaussures. Ils mirent en demeurs M.MacMaster de leur restituer ce qu’ils prétendaient leur appartenir.

Une scène indescriptible s’ensuivt à bord et le capitaine dut ordonner de lâcher les amarres. Le steamer s’éloigna et l’on entendit longtemps les cris de protestation des débardeurs importés.

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La police du poste #4 a été informée que dans le courant de la nuit de vendredi à samedi, des cambrioleurs ont pénétré avec effraction dans le magasin de MM. Adelsteine Frères et se sont emparés d’un montant considérale de chaussures de prix.

Les voleurs se sont introduits dans la place en forçant la porte de derrière. Les constables qui ont visité les lieux s’accordent à dire que les filous qui ont fait le coup sont des experts dans l’art de décrocher les serrures. Une enquête ,inutieuse a été ouverte.

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