Histoire de Montréal

Une cheminée est abattue

Une cheminée est abattue

Une cheminée est abattue par des jets d’eau puissants

Cette cheminée menaçait dans l’hôtel de ville sinistré de s’écraser sur les voûtes du contrôleur et du greffier. – Tout a été enlevé à la surface des décombres. – Le mode de reconstruction inspirera celui du déblaiement des ruines.

M. H. A. Terreault, directeur des travaux de déblaiement, pouvait annoncer hier soit que l’immeuble incendié est déjà libre de tout ce qu’on pouvait enlever à la surface des décombres. Il a fait abattre la cheminée qui menaçait au premier coup de vent de choir sur les voûtes du contrôleur et du greffier comme il avait pris fantaisie à l’autre cheminée d’écraser les bureaux du maire Martin et de traverser tous les étages jusqu’au sous-sol.

La manoeuvre, accomplie vers quatre heures, avait attiré une foule considérable de curieux. C’est qu’on avait imaginé un moyen ingénieux d’abattre du côté nord la haute cheminée étroite. On la croyait fragile. Elle résistait à la poussée des eaux qui ont fini par l’effriter et la raser après un effort d’une demi-heure. Trois boyaux avaient été fixés à la borne-fontaine qui se trouve au bas du Champ de Mars, à l’angle de la rue Craig et Gosford. Ces trois tubes se trouvaient réunis au pied de la « tour » qu’on avait placée à deux pas de la porte d’entrée, du côté ouest. Sous la poussée de 250 livres de pression le jet d’eau dirigé sur la crête de la cheminée l’effrita peu à peu. La cheminée est faite de trois rangées de briques. Les briques tombaient ou étaient emportées dans la puissance du jet jusqu’à cinquante pieds au-delà en plein Champ de Mars. Au bout d’une trentaine de minutes toute la proéminence, qui se trouvait le plus à la merci d’une bourrasque de vent, a été rasée entièrement. Les briques se sont assimilées aux débris.

M. Terreault avait commandé cette manœuvre afin de permettre aux employés qu’il mettra bientôt au déblaiement des ruines de poursuivre ce travail en toute sécurité. M. Terreault cherches présentement les débris qui, au faite des murs, peuvent être emportés. Il fera abattre tout ce qui peut tomber facilement. Il annonce qu’il place aujourd’hui une équipe d’hommes à déblayer les ruines accumulées au-dessus des voûtes souterraines. On a le dessein d’y pénétrer afin de s’assurer exactement de l’état où s’y trouvent archives et documents précieux. Dans les autres angles de la bâtisse, d’autres hommes chercheront la trace des coffre-forts et des voûtes. Avant de pénétrer au centre de l’immeuble sinistré, on aura fait le travail d’affritement auquel précisément s’apprête M. Terreault.

Le déblaiement proprement dit des ruines, le déblaiement de toute la place ne pourra commencer avant que le comité exécutif et le conseil municipal n’aient arrêté un plan de reconstruction préliminaire. Les architectes doivent aussi attester qu’on ne détruit point l’harmonie ni la mesure de l’ancien édifice en déplaçant le mur qui domine le Champ de Mars. C’est de ce côté, en effet, qu’on prévoit un agrandissement propice à l’érection des nouveaux immeubles. Comme on est d’avis que la pierre et la brique pourront servir on fera un tas sur le Champ de Mars. On y remisera pareillement tout ce qu’on verra d’un emploi ultérieur.

(Texte publié le 10 mars 1922 dans le journal Le Canada).

rue notre-dame

Rue Notre-Dame. Crédit photo : Grandquebec.com

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