Histoire de Montréal

Chauffage des tramways défendu

Chauffage des tramways défendu

Le chauffage des tramways est défendu

À cause de la pénurie de charbon

Une grosse émotion règne actuellement parmi les employés de tramways, à Montréal. La compagnie a fait afficher, ce matin, dans tous ses entrepôts, un avis défendant à ses employés de chauffer les voitures dont ils ont la charge. Comme motif de cette décision, la compagnie allègue la pénurie de charbon, et déclare qu’il faut absolument l’économiser, sinon la compagnie se verra obligée de retirer des voitures de la circulation.

S’adressant directement aux conducteurs et garde-moteurs des tramways, elle leur commande de bien s’habiller pour n’avoir pas froid, et les avertit qu’ils seront suspendus s’ils désobéissent à cet ordre.

L’avis se termine ainsi :

« Conducteurs et garde-moteurs, mettez vos paletots; habillez-vous chaudement; chaussez-vous bien et ne mettez pas les heaters à présent. Nous suspendrons les garde-moteurs et les conducteurs dont les heaters seront mis en action. À bon entendeur salut! »

Cet avis est signé par M. Arthur Gaboury, surintendant de la circulation.

Aux quartiers généraux de l’union, ainsi que dans les entrepôts, les employés s’entretenaient avec animation de cet ordre de la compagnie.  L’union doit tenir une assemblée générale, ce soir, au numéro 217, Sainte-Catherine est et s’occupera de cette question.

(Cette nouvelle fut publiée le 3 novembre 1920)

Note : Dès le 4 novembre 1920, le colonel J. E. Hitchison, gérant général de la Compagnie des tramways de Montréal, sentit le besoin de préciser que cette mesure s’expliquait non pas par un souci d’économiser de l’argent, mais plutôt par la lenteur dans la livraison des 35 000 tonnes de charbon commandé par la compagnie pour l’hiver.

La situation était d’autant plus urgente que l’électricité fournie par la Montréal Light, Heat and Power Compagny ne répondait pas toujours à la demande de la Compagnie des Tramways et qu’il fallait donc prévoir des installations supplémentaires, plus particulièrement aux heures de pointe, même durant les mois d’été. Or, ces installations supplémentaires fonctionnaient au charbon.

M. Hitchison concluait l’entretien en disant que la température n’était pas encore assez froide pour qu’on ait lieu de s’en plaindre, et qu’il fallait faire le sacrifice du chauffage immédiatement que durant les journées très froides de l’hiver.

Le 10 novembre, la compagnie revenait sur ses décisions et ordonnait aux employés de chauffer les voitures.

tramway rocket 1892

Le tramway Rocket qui circulait dans les rues de Montréal dès 1892. Ce sont des tramways de ce type, mais rénovés, qu’on utilisait à l’époque de la crise de charbon, en 1920. Source de la photo : Global Montréal, photo parue dans The Gazette/Montreal Star vers le début du XXe siècle

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