Histoire de Montréal

De la pourriture

De la pourriture

Six mille livres de bœuf pourri

Le Dr. R. Mayotte, inspecteur des aliments, assisté de MM. H. Masterman et A. Legault, inspecteurs des viandes, a fait ce matin (28 février 1908) la saisie de plus de 6 mille livres de bœuf pourri à la Union Cold Storage, rue Colborne.

C’est le temps où les entrepôts frigorifiques emménagent les viandes destinées à la consommation du printemps et le bureau municipal de l’inspection des aliments fait faire une inspection de tous les entrepôts, saisissant tout ce que les inspecteurs trouvent de gâté. Les viandes expédiées du dehors dans la province passent devant les inspecteurs du gouvernement qui les estampillent. À leur arrivée à Montréal, elles sont de nouveau inspectées par les employés de la Ville.

Le bœuf saisi ce matin ne porte pas l’estampille du gouvernement; cependant, le Dr. Mayotte est convaincu que les inspecteurs provinciaux ont dû le voir, et il se demande comment il se fait qu’ils aient si peu examiné cet envoi, qu’ils ne se soient pas aperçus de l’état dans lequel il se trouve.

De la pourriture

Des reporters assistaient, ce matin, à la saisie. Il y avait quatre-vingt-huit quartiers de bœuf, quarante-quatre de devant, et autant de derrière. À voir ces pièces, on n’aurait jamais dit que c’était là de la viande. Ça bien la former de quartiers de bœuf, mais on aurait dit des mannequins de carton peinturés de couleurs diverses.

Racornis par le froid, salis, ils étaient ou noirs, ou verts, ou violets, ou verdâtres, mais rien ne ressemblait au rouge vif des muscles ou au jaune rosâtre des aponévroses et des tendons sains.

On en a chargé deux des grandes voitures que M.O.-H. Lesage emploie pour le transport des animaux morts et le tout a été envoyé à l’incinérateur de M. Lesage où on l’a brûlé.

Des explications

M. W.D. Aird, gérant de l’Union Cold Storage, regrette ce qui arrive, mais in ne croit pas que sa compagnie soit à blâmer. Il est dans tous les cas décidé à faciliter par tous les moyens possibles la tâche des inspecteurs de la ville.

« Notre bonne foi a été surprise, dit-il, nous n’avons pas vu à l’arrivée que cette viande fut gâtée et nous n’avions aucune raison de croire alors qu’elle l’était ».

Voir aussi :

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>