Histoire de Montréal

Le 300e anniversaire de Montréal

Le 300e anniversaire de Montréal

Le 300e anniversaire de Montréal

La célébration du tricentenaire de la fondation de Montréal en 1942, attendue depuis la fin des années 1930, a été remise en question par la Seconde Guerre mondiale.

Le climat politique et social est incertain, les gouvernements provincial et fédéral refusent  d’apporter leur soutien financier. Cependant, Léon Trépanier, président de la commission des fêtes de la célébration, continue d’appuyer la tenue de fêtes jusqu’au 26 novembre 1940, jour où il démissionne après avoir souligné que plusieurs corporations et les autorités à tous les niveaux semblaient d’opinion qu’il valait mieux ne pas continuer la préparation des fêtes.

Cependant, le 15 octobre 1941, le jour du 300e anniversaire de la première visite des fondateurs sur l’île de Montréal, les fêtes s’ouvrent officiellement. La cérémonie est relativement pauvre. C’est le maire Adémar Raynault qui la préside dans un esprit de modestie.

Le 1er janvier 1942, une nouvelle cérémonie modeste a lieu à la Place d’Armes, où une plaque de bronze est dévoilée au pied du monument à Maisonneuve.

Quelques jours plus tard, dans une lettre circulaire, la ville annonce qu’en raison de la guerre, aucune des activités prévues n’aura lieu. La commission de la célébration invite toutefois toutes les associations, organismes et citoyens à tenir leurs propres activités «afin de souligner humblement l’occasion».

Plusieurs répondent à l’appel, mais c’est l'Église catholique qui prend l’affaire en main. Le Comité des fêtes religieuses, dirigé par Mgr Joseph Charbonneau, l’archevêque de Montréal et composé de personnalités comme Joseph-Papin Archambault, Olivier Maurault et Lionel Groulx, mènera les fêtes à bon port.

Des services religieux sont célébrés en l’honneur du tricentenaire. Le premier a lieu le 3 mai 1942, à l’église de Notre-Dame. Le 13 mai, les écoles catholiques de Montréal célèbrent la fête selon des programmes individuels. Les 17 et 18 mai, dates de la prise de possession de l’île par les Montréalistes, les plus grandes fêtes religieuses du tricentenaire sont en cours. Elles se célèbrent sous l’égide du cardinal Villeneuve et du délégué apostolique Ildebrando Antoniutti.

Le 17 mai, une messe dans le parc du Mont Royal réunit 50 000 personnes et dans l’après-midi, le Très Saint-Sacrement est exposé. Quelque 400 000 Montréalais viennent l’adorer.

En fin de journée, un concert entièrement composé d’oeuvres canadiennes-françaises est présenté. Le concert se termine par un feu d’artifice, financé par La Presse. Les portraits illuminés de Paul Chomedey de Maisonneuve et du roi George VI sont levés sur la ville à une altitude de plusieurs centaines de mètres.

Le 18 mai, le maire Raynault, les maires des municipalités de l’île de Montréal et les autorités ecclésiastiques se réunissent sur la Place d’Armes au son de Ô Canada.

Plusieurs organisations anglophones de la ville y sont présentes, telles l’Université McGill, la Saint-Patrick’s Society of Montreal, The Board of Trade, le célèbre B’Nai B’rith et d’autres associations. À l’époque, c’est une des rares occasions d’union des Francophones et des Anglophones. Tout le monde, ensemble, assiste à une brève réception à l’hôtel de ville et puis fait une promenade à cheval et en charrettes à travers la ville (cette promenade est appelée le pèlerinage historique). Plus de 5 mille personnes y participent. Les gens visitent les six congrégations religieuses de Montréal qui avaient joué un rôle clé dans le développement de la ville, soit :

En soirée, des concerts ont lieu dans le parc du Mont Royal et au Forum.

En juin, la fête de la Saint-Jean-Baptiste prend la relève. Les dix-neuf chars allégoriques défilent le 24 juin, présentant des événements historiques. De fait, dix-neuf tableaux retracent les grandes étapes de l’histoire de Ville-Marie et de Montréal.

En juillet, on organise un grand festival national, dans le cadre duquel des compétitions sportives et des manifestations historiques et culturelles ont lieu.

En septembre, on inaugure une exposition missionnaire consacrée aux efforts de l’Église pour fonder la ville.

En octobre, une plaque commémorative est ouverte sur l’emplacement du Berceau de Montréal, le site de l’établissement initial de Montréal.

Enfin, le 13 décembre 1942, l’opéra-comique canadien «Le Père des Amours» est représenté. Quand la pièce se termine, le maire Raynault annonce la dissolution de la Commission du Tricentenaire – CTCM.

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Dames de la Haute-Société de la Nouvelle-France. Source de la photo : Archives personnelles de Paul de Maisonneuve, photographie prise probablement par Jeanne Mance vers 1843, lors des festivités consacrées au premier anniversaire de Ville-Marie

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