Montérégie

Histoire du Haut-St-Laurent

Histoire du Haut-St-Laurent

Petite histoire du Haut St-Laurent

En 1729, un vaste territoire en bordure du fleuve Saint-Laurent à l’ouest de la seigneurie de Châteauguay, est concédé par le gouverneur de la Nouvelle-France aux frères Charles et Claude Beauharnois de Beaumont.

Ainsi une partie du l’actuel territoire de la municipalité régionale de comté Le Haut-Saint-Laurent devient la seigneurie de Beauharnois, vaste de 6 lieues de front sur 6 lieues de profondeur.

En raison de la lenteur du développement et de sa mise en valeur, la seigneurie changera de propriétaire à plusieurs reprises. Finalement, Alexander Ellice, marchand très connu, fait son acquisition en 1795. C’est sous la gouverne du Seigneur Ellice qu’on voit apparaître les premières occupations du territoire qui est découpé alors en cantons (townships) et ouvert à la colonisation.
Les premiers colons s’établissent en premier lieu sur les rives du fleuve et les berges de la rivière Châteauguay qui traverse la région d’est en ouest.

Très vite, la région est peuplée des immigrants écossais et irlandais qui y arrivent vers 1800. D’ailleurs, des émigrés américains traversent la frontière de l’état de New York pour s’installer au pied de la Covey Hill, à la recherche de terres cultivable. Ce peuplement anglophone s’est répandu sur l’ensemble du territoire, sauf le long du littoral du fleuve Saint-Laurent ou la colonisation par des habitants canadiens-français avait débuté dès 1789.

Le paysage du Haut-Saint-Laurent se caractérisé par de vastes étendues de forêts composées de majestueux chênes et pins. C’était-là le bois convoité par l’industrie navale anglaise dont elle avait besoin pour la construction navale. Vers 1830, la coupe forestière a transformé les paysages de la région et l’exploitation agroforestière a eu raison de la forêt précoloniale.

Aujourd’hui, dernier témoin de ces vastes forêts, le boisé des Muir, dans la municipalité de Hinchinbrooke, constitue la seule forêt précoloniale recensée et protégée en Montérégie. Cette forêt de onze hectares a survécu grâce à la famille Muir, venue d’Écosse. Les plus vieux arbres ont de 150 à 300 ans. En la désignant Réserve écologique du Boisé-des-Muirs en 1995, le gouvernement du Québec a reconnu le rôle déterminant de la famille Muir dans la préservation de ce site patrimonial exceptionnel.

Dès les débuts de la colonisation, la puissance hydraulique générée par la rivière Châteauguay, la rivière Trout et la rivière des Anglais a motivé l’établissement de moulins sur ce territoire. Par la suite, sont nées de petites agglomérations tels Athelstan, Kensington, Huntingdon, Dewittville, Ormstown, Howick et Saint-Chrysostome.

Huntingdon et Ormstown ont connu leur essor au début du XXe siècle et sont devenus les centres de commerce et de services de la région. Le village d’Ormstown était devenu d’ailleurs le centre de l’industrie québécoise de la brique. En effet, entre 1874 et 1925, on comptait sept briqueteries dans ce village.

L’architecture des rues des rues Châteauguay, King et Prince à Huntingdon et de Lambton, Church et Bridge à Ormstown évoque l’aisance de ce début du siècle. Bordées d’arbres matures, ces artères historiques accueillent des maisons d’esprit vernaculaire américain et Four Squares où la brique rouge et le clin de bois dominent. Les détails architecturaux témoignent de l’influence anglo-saxonne et les toits en pavillon présentent généralement une lucarne en façade.

À Huntingdon, on remarque l’ancien palais de justice, construit en 1860 dans le style néo-classique en pierre de taille. Cet édifice servait également de bureau d’enregistrement. Dessiné par l’architecte montréalais John James Brown, le bâtiment se caractérise par une façade principale tripartite, des fenêtres à guillotine, quatre cheminées d’angle et un lanternon central.

Parmi les nombreux bâtiments du territoire qui présentent un intérêt patrimonial, on note à Ormstown l’ancien poste d’incendie, érigé en 1901 dans le style boom town. Ce bâtiment (aujourd’hui, hôtel de vie) se distingue par son campanile en façade, sa large corniche et surtout l’ancienne tour à boyaux qui fait référence à la fonction d’origine de l’édifice.

En général, au XIXe siècle, les colons britanniques ont érigé leurs maisons de ferme en brique, en bois ou en pierre. Ces maisons résidentielles sont éloignées du chemin et entourées d’arbres matures. La maison à lucarne-pignon domine le paysage architectural. Cette lucarne-pignon est percée d’une fenêtre en plein cintre et généreusement décorée de boiseries.

La brique est également présente dans la construction des bâtiments de derme. Elle est utilisée pour la construction du premier étage du bâtiment qui prend appui sur une fondation de pierre.

bucheron

Forets Envoye! Tiens ton bout si on veut finir! (ce n'est pas le Haut-Saint-Laurent, mais c'est tout près, les mêmes forêts pré-coloniales des Cantons-de-l'Est). Source de la photo: www.histoiredestoke.org

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