Le premier canal à écluses en Amérique
Pendant longtemps, les rapides de Coteau-du-Lac constituaient un obstacle majeur à franchir entre Montréal et les Grands Lacs.
Déjà, en 1749, M. Chaussegros de Léry fit mention de ces rapides. Il signalait que durant le trajet entre Montréal et Détroit, à Milles Roches près de Cornwall, il fallait débarquer une partie des cargaisons pour pouvoir ensuite traîner les bateaux dans un rigolet le long des rapides.
Il y avait au total une demi-douzaine de ces rigolets dont la construction remonte à 1749. Ils étaient constitués d’un mur de roches érigé à 3 mètres de la rive. Ils furent utilisés jusqu’à la fin du régime français. Des vestiges du rigolet de Coteau-du-Lac sont visibles sur le Lieu historique national de Coteau-du-Lac.
Pour faciliter la communication, Sir Frédérick Haldimand, gouverneur du Bas-Canada, décide de construire à Coteau-du-Lac un canal qui devait être le premier d’une série de canaux à écluses. Les ingénieurs militaires du King’s Royal Regiment of New-York, une unité militaire composée de loyalistes britanniques originaires des États-Unis, travaillèrent à cette construction.
Le canal de Coteau-du-Lac fut construit en 1779. Sa longueur était de trois cent trente pieds (plus de 100 mètres), et trois écluses de six pieds (1,80 mètres) de largeur y étaient aménagées. Le canal permettait de combler une dénivellation d’environ 2 mètres entre l’aval et l’amont du rapide.
On perça «la péninsule de Coteau-du-Lac» au pic et à la pelle et le transport de la terre s’effectuait à la brouette. Parfois, on utilisa de la poudre à canon pour faire éclater les roches.
Le canal fut inauguré au printemps de 1780. Il y avait deux entrepôts et on y ajouta l’année suivante des logements et des écuries.
Après la construction de ce premier canal à écluses en Amérique du Nord, un poste de douanes y fut établi, puis un bureau de poste. Le trafic était assez important et en 1832, environ 2 mille éclusages y ont été réalisés. En 1845, après le avoir creusé le premier canal de Beauharnois pour permettre le passage des bateaux à vapeur, le canal de Coteau-du-Lac fut fermé.
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