Vous ne le saviez pas !

Naufrage du Concordia

Naufrage du Concordia

Naufrage du Concordia

Le Concordia, une grande et belle goélette, participait au programme Classe Aflot, un projet éducatif de la Nouvelle-Écosse. C’était un navire-école dans tous les sens du terme. En effet, tout en suivant leurs cours à bord, les étudiants apprenaient à devenir de bons marins.

Le voilier de 57 mètres a quitté son port d’attache, Lunenburg, en septembre 2009. Il y avait à bord des élèves de 11e et de 12e année, ainsi que des étudiants en première année universitaire, la plupart d’entre eux étant des Canadiens. Le navire faisait route vers Montevidéo, capitale de l’Uruguay, après avoir quitté le Brésil le 8 février 2010, quand une rafale descendante (micro-burst) l’a frappé et l’a fait chavirer alors que le Concordia était sous voiles. C’est arrivé le 17 février 2010.

Quand le bateau s’est incliné, les élèves brûlaient de monter sur le pont et de participer à la manoeuvre. Le bateau se redresse immédiatement, mais s’incline de nouveau et tout ce qui n’est pas solidement arrimé voltige dans les airs. Cette fois, le bateau ne se redresse plus. Au contraire, les ouvertures vitrées s’enfoncent dans les eaux et volent en éclats sous la pression.

Après avoir été renversé par cette vague, le bateau-école Concordia a sombré en moins de vingt minutes au large du Brésil, à 550 kilomètres de Rio-de-Janeiro. Les 64 personnes à bord, dont 48 élèves, ont toutes pu quitter le bateau saines et sauves et les recherches ont été lancées par les autorités brésiliennes après réception d’un signal de détresse.

Au fait, ayant suivi un entraînement de sauveteur, les élèves ont essayé de garder leur sang-froid, ainsi une sorte de chaos contrôlé a régné sur le Concordia au moment qu’il s’est couché sur le flanc. Quelques volontaires ont réussi à ouvrir les compartiments inondés où il était rangé l’équipement de secours. Ils ont récupéré les combinaisons de survie et gilets de sauvetage. Ensuite, ils les ont fait passer le long d’une chaîne composée d’étudiants et de membres d’équipage.

Pour lancer le signal de détresse, le second capitaine a pénétré dans la passerelle inondée et hérissée de câbles à nu. Cependant, la radio est hors d’usage. Le second capitaine empoigne alors quelques fusées de détresse et une trousse de premiers soins qu’il remet au médecin de bord. Tous deux s’assurent que chaque étudiant enfile son équipement de survie.

Comme le Concordia est en partie submergé, la moitié des radeaux de survie sont soit sous l’eau, soit endommagés. L’équipage plonge pour les dégager, mais seulement quatre embarcations sont utilisables. Heureusement, il y avait de la place pour tout le monde, mais tout juste. Une demi-heure plus tard, l’évacuation du voilier est terminée.

Les sinistrés ont passé près de quarante heures dans des radeaux de sauvetage, dérivant sur une mer très agitée. Coup de chance : le maître d’équipage a repéré dans l’eau la balise de localisation d’urgence, il a donc plongé et l’a ramené au bateau. Le signal de détresse qu’émet la balise devrait lancer immédiatement les équipages de sauvetage à leur recherche.

La première nuit a été terrible. La pluie a inondé les naufragés et l’océan malmenait sans relâche les frêles embarcations. Les sinistrés sont d’ailleurs frigorifiés et à l’étroit. Chacun leur tour, ils prennent leur quart de deux heures à l’avant ou à l’arrière pour scruter l’océan et guetter les avions ou les bateaux.

Quelques uns, gagnés par la peur, craquent et sanglotent en appelant leurs parents. Finalement, à l’auge, la tempête s’arrête et le moral des rescapés remonte. Mais au fur et à mesure que la journée passe, ils commencent à douter que leur signal de détresse ait été reçu.

Les conditions de vie se détériorant. La houle frappe les radeaux avec une écoeurante régularité projetant les occupants les uns contre les autres. Comblé de malheur, deux compartiments d’un radeau se dégonflent.

Finalement, un hélicoptère militaire a aperçu les embarcations de sauvetage et les militaires ont signalé la découverte aux navires marchands. Les naufragés ont finalement été secourus, après avoir dérivé pendant une journée et demie, secoués par des vagues atteignant les quatre mètres de hauteur. Tous les passagers et l’équipage ont été retrouvés sains et saufs (deux personnes ont souffert de blessures mineures) par le bateau marchand Hokuetsu Delight qui faisait route de Singapour à Paranaguá au Brésil lorsqu’il a capté un message des autorités brésiliennes signalant la disparition du Concordia et qui s’est immédiatement dérouté sur la zone du naufrage.

Le Hokuetsu Delight a repéré trois embarcations des naufragés au coucher du soleil, mais en raison des mauvaises conditions, il a dû attendre le petit matin du 19 février pour commencer la récupération des rescapés. Un autre bateau, le Crystal Pioneer, faisant route d’Amsterdam à San Lorenzo, Argentine, a retrouvé le quatrième canot de sauvetage et ses passagers.

Le Hokuetsu Delight et le Crystal Pioneer ont déposé l’équipage du Concordia à bord d’un frégate brésilienne qui est arrivé à Rio de Janeiro le 20 février. Les autorités brésiliennes ont immédiatement communiqué avec le Centre de coordination des opérations de sauvetage, à Halifax, qui a relayé l’information au collège.

Stephen Harper, premier ministre du Canada et Lawrence Cannon, ministre des Affaires étrangères du Canada, ont félicité et remercié la marine brésilienne et les navires marchands qui ont secouru les naufragés.

Les parents des jeunes qui se trouvaient à bord du Concordia ont vécu de longs moments d’angoisse…

L’établissement responsable du voilier a été le West Island College International. Le trois-mâts à coque acier a été construit en 1992 en Pologne, par les chantiers Colod de Szczecin. Le Concordia était parfaitement équipé : radiotéléphone, GPS, système de communication Inmarsat C, téléphone satellite, certifié par l’organisme britannique du Lloyds. Son capitaine était William J. Curry, un loup de mer expérimenté, jouissant d’une bonne réputation et le navire-école participait régulièrement à de nombreuses courses. Le Bureau de la sécurité des transports du Canada et son homologue de la Barbade ont tous deux mené une enquête. Le voilier aurait été frappé par une microrafale, ce que semblent confirmer les données recueillies auprès du Centre national des océans et de l’atmosphère des États-Unis. Une microrafale est une rafale descendante, qui frappe la surface de l’eau comme un énorme coup de poing, à plus de 65 km/h. Un tel choc a sans doute suffi à causer la perte du Concordia.

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Le Concordia à Halifax en 2000. Source de la photo : Radio-Canada, PC/Andrew Vaughan

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