Vous ne le saviez pas !

La généalogie

La généalogie

Définition de la généalogie

La généalogie est l’étude des familles, elle peut être pratiquée par passion ou par profession. Il existe en effet des généalogistes professionnels, les généalogistes successoraux qui recherchent les héritiers d’une personne décédée, et les généalogistes familiaux qui font des recherches généalogiques ou historiques pour une clientèle privée. La généalogie connaît un grand engouement depuis les années 1980. Entre science et hobby, on peut réfléchir sur les causes de ce phénomène. Parfois, une question anodine comme « Quel était le nom de jeune fille de mon arrière-grand-mère ? » va jouer un rôle de déclencheur. Puis, on se prend au jeu, on cherche à remonter plus loin : son lieu de naissance, sa date de mariage, son nombre de frères et sœurs, quels métiers exerçaient-ils, où ont-il émigré, de quoi sont-ils morts ? Ainsi, la généalogie est une activité qui répond à des questions en soulevant d’autres questions. C’est donc un hobby idéal puisqu’il est sans fin. De plus, la généalogie permet au Hercule Poirot qui sommeille en nous de se livrer à une enquête policière, collectionnant indices et preuves.

Un travail de deuil peut être à l’origine de l’enquête. Face à la perte de quelqu’un, on remet en cause ses liens avec cette personne, on a besoin de la connaître le mieux possible pour pouvoir accepter son départ. Le succès de la généalogie est peut-être aussi une conséquence de la vie urbaine, avec l’exode rural, on s’éloigne de ses proches et la généalogie permet donc de combler un besoin identitaire, une certaine solitude. La généalogie de jadis était avant tout sociale, réservée à une certaine élite en quête de revendication. Elle servait à prouver un lignage, donnant ainsi des droits et permettant des alliances. Depuis les années 80, la généalogie passionne tout le monde, les retraités de tous horizons mais aussi des jeunes, toutes couches sociales confondues. Avec les avancées technologiques qui permettent aujourd’hui de se faire des amis Facebook en un seul clic, il est donc légitime de souhaiter se relier tant à des amis qu’à ses aïeux. La généalogie comble un besoin de se relier à son passé pour laisser une trace. L’intérêt pour la généalogie est ancien, dans les textes sacrés de toutes les civilisations, on trouve des éléments généalogiques, par exemple, dans la Rome Antique avec la gens Julia, la famille de Jules César.

L’informatique et Internet ont joué un grand rôle dans cet engouement. Les nouvelles technologies offrent en effet de multiples facilités d’accès à l’information: serveurs spécialisés, sites personnels, sites d’associations, listes de discussion et logiciels. Quelques généalogistes célèbres : – Jean-Louis Beaucarnot, intervenant depuis les années 1970 sur les chaînes de radio et télévision, auteur d’une vingtaine d’ouvrages de vulgarisation. – Pierre-Valéry Archassal, auteur d’une douzaine d’ouvrages de référence. Il a été le premier à proposer une série d’émissions consacrée à la généalogie sur la chaîne de télévision Arte. Il travaille depuis 1998 sur le cahier « cybergénéalogie » de la Revue française de généalogie et d’histoire des familles. Il collabore en 2010 à une adaptation française de l’émission anglo-saxonne à succès Who do you think you are? La généalogie est omniprésente partout dans le monde, en Afrique, les généalogistes griots (Mandingues et Wolofs notamment), sont une caste dont la généalogie est l’une des spécialités, à côté de l’art oratoire et de la pratique musicale. Cette caste des griots est très importante dans la société africaine traditionnelle où l’écriture est peu répandue et où la tradition est essentiellement orale. Le griot, est ainsi le gardien de l’histoire du village et de la généalogie de ses habitants. Pour en savoir plus :

Généalogie en Amérique du Nord

En Amérique du nord, les Mormons ont joué un rôle déterminant dans le développement de la généalogie. Ils sont en effet les inventeurs de la norme GEDCOM, utilisée par les généalogistes du monde entier. Les Mormons, dont le nom officiel est « L’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours » est une église chrétienne fondée dans l’État de New York en 1830 par Joseph Smith. Elle reconnaît, en tant que livres sacrés, l’Ancien Testament, le Nouveau Testament, le Livre de Mormon, Doctrine et Alliances, et La Perle de Grand Prix. Les Mormons ont constitué une base de données impressionnante car ils se sont fixé pour objectif de retracer l’arbre généalogique de l’humanité. Aux États-Unis toujours, terre d’immigration par excellence, on remarque depuis quelques années un véritable engouement pour la quête de ses origines, par exemple chez les noirs américains à la recherche de leurs origines africaines, ou encore chez les francophones de Louisiane cherchant leurs origines acadiennes.

Au Canada, également un pays d’immigration, il est donc légitime de trouver également ce grand intérêt pour la recherche des racines, de l’identité, de l’histoire de sa famille. On aimerait savoir si on descend d’un immigrant percheron, si on a du sang indien dans les veines, ou encore si on est issu d’un savant mélange des deux? Les divorces, les migrations, les membres perdus de vue, les adoptions, les déménagements à répétition sont autant d’éléments qui vont complexifier la tâche du chercheur mais aussi la rendre passionnante en pimentant l’enquête. De nombreux Canadiens viennent d’Europe, que ce soit d’Allemagne, d’Irlande, ou encore de France. Cette dernière dispose d’une grande richesse documentaire, en raison des lourdeurs administratives de ses institutions qui exigent de remplir de nombreux documents pour justifier son lieu de résidence. Au XVIe siècle, il existait déjà des registres paroissiaux dans lesquels étaient notés les baptêmes, mariages et sépultures. Puis, en 1792, est créé « l’état civil ». Chaque municipalité est alors chargée de dresser des actes de naissance, de mariage et de décès.

Toutefois, un trop grand nombre de ressources peut aussi être un obstacle en vous égarant sur de fausses pistes. Il est donc indispensable de procéder avec méthode et rigueur. De nombreux sites proposent des conseils pour vous aider dans vos premières démarches. On insistera avant tout sur les 2 règles d’or qui sont : – Toujours partir de ce qui est connu sans aucune ambiguïté et remonter ou redescendre pas à pas le fil du temps. – Ne pas s’attendre à découvrir qu’on a un hypothétique oncle d’amérique qui nous aurait légué sa mine d’or, sinon on risque des déceptions, car comme le dit la chanson de Maxime Leforestier : « On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille. On choisit pas non plus les trottoirs de Manille, de Paris ou d’Alger pour apprendre à marcher ». Quelques pistes de départ :

Rassemblez toutes les sources d’information en votre possession : actes de naissance, livrets de famille, faire-part, actes notariés, déclarations de succession, photographies, livrets militaires.

Interrogez les membres les plus âgés de votre famille. Leur témoignage peut être capital et eux-mêmes auront d’autres sources à vous suggérer.

Les limites de la recherche, il y a de nombreux obstacles : actes détruits, ancêtres nés à l’étranger, enfants abandonnés, textes rédigés en vieux français ou en latin du Moyen-âge.

La finalité de l’enquête peut vous guider: l’ensemble de la recherche pourra permettre d’établir un bel arbre généalogique pour décorer votre salon, de publier une monographie familiale pour vos proches, ou encore d’étudier les professions exercées, l’évolution sociale et géographique de vos ancêtres. Gardez votre but en tête afin de récolter toutes les informations nécessaires à ce projet.

Où chercher :

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) possède de nombreuses ressources et bases de données pouvant aider les Canadiens à retracer l’histoire de leur famille, notamment des recensements, et des documents relatifs à l’immigration, aux terres et aux militaires. Les publications comprennent des histoires de familles et des index de registres paroissiaux, de cimetières et de journaux. Dans le site Web du Centre canadien de généalogie, une section est réservée spécialement aux novices de la recherche généalogique, les chercheurs expérimentés trouveront eux aussi des explications plus détaillées ailleurs dans le site.

L’erreur a mille formes et deux principaux caractères: la superstition et l’incrédulité. (Joseph de Maistre Les Soirées de Saint-Pétersbourg). Photographie de Megan Jorgensen.
L’erreur a mille formes et deux principaux caractères: la superstition et l’incrédulité. (Joseph de Maistre Les Soirées de Saint-Pétersbourg). Photographie de Megan Jorgensen.

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