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Historique des chemins de fer

Historique des chemins de fer

Historique des chemins de fer canadiens

Premières lignes de chemin de fer

La locomotive à vapeur fait son apparition en Grande-Bretagne en 1830. Dès 1836, le magnat montréalais John Molson et un groupe de marchands du Québec financent la construction du premier chemin de fer, le Champlain and Saint-Lawrence Railroad. Cette première ligne reliait la ville de La Prairie à celle de Saint-Jean-sur-Richelieu pour transporter des marchandises.

La deuxième ligne de chemin de fer canadienne est ouverte dans les Maritimes le 19 septembre 1839. Il s’agit de l’Albion Mines Railway, en Nouvelle-Écosse, qui desservait les mines Albion. La locomotive apportait le minerai vers les quais de chargement de Dunbar Point, près de la ville de Pictou. Le parcours était long de 10 kilomètres.

En 1847, un court tronçon de 12 km est ouvert à Montréal, mais c’est surtout la ligne Montréal-Portland, dans l’État du Maine, d’une longueur de 120 kilomètres, qui retient l’attention. Conçue par John A. Poor, de Portland, et l’entrepreneur canadien Alexander Tilloch Galt, cette ligne devait assurer à Montréal une ouverture sur l’océan. Quant à Portland, cette ville de la côte est américaine recevait ainsi un accès rapide à l’intérieur du continent. La construction de ce chemin de fer ne sera achevé qu’en 1853.

À la même époque, le Great Western Railway est construit en Ontario. Les travaux débutent en octobre 1849 pour finir en janvier 1854. Cette voie relie Niagara Falls à Windsor.

Mais tous ces projets n’étaient que le prélude à la réalisation d’un projet ambitieux et gigantesque qui visait à relier les différents territoires de l’Amérique du Nord Britannique (futur Canada) d’un océan à l’autre. Ce projet, cependant, ne sera réalisé que vers la fin du XIXe siècle.

Chemins de fer au XIXe siècle

Le premier grand projet ferroviaire au Canada avant la Confédération fut la tentative de construction du Grand Trunk Railway du Canada, qui devait relier Montréal, les Grands Lacs et l’Ouest du continent. La collecte de fonds commença dans les années 1850, mais les capitaux et les techniciens nécessaires à sa construction manquèrent à l’appel.

En outre, les chemins de fer déjà existants éprouvent des difficultés financières, ce qui entraîne des dépenses publiques sous forme de subventions en espèces, d’intérêts garantis par l’état, de concessions de terrains, de remboursements de taxes et de droits d’emprise.

Il est vrai pourtant que les chemins de fer contribuent au développement économique du pays. Les avantages directs et indirects pour l’industrie et le marché de l’emploi au Canada sont énormes. Les locomotives repoussent les limites de l’exploitation agricole et forestière, et leur effet sur les villes et villages naissants est crucial.

En 1869, J. W. Elliott met au point un système de chasse-neige rotatif. Cette invention assure le fonctionnement ininterrompu des chemins de fer pendant l’hiver en toute sécurité.

De nouvelles compagnies de chemin de fer naissent et s’étendent sur tout le territoire canadien. On peut citer : le Great Western ; le Simcoe and Huron Railway (cette entreprise dispose de deux lignes et ce, depuis 1855) ; le Toronto, Grey and Bruce Railway ; le Toronto and Nipissing Railway. Même sur l’île de Terre-Neuve, où il y a peu d’habitants, des chemins de fer sont bâtis par le Newfoundland Railway.

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, les chemins de fer sont indissociables de l’industrialisation dans la plupart des provinces du Canada. Ils rapprochent les marchés et ils contribuent à l’ouverture de nouveaux marchés, ils créent des emplois et une demande accrue pour le mazout, les locomotives, le fer et l’acier. Les points de ravitaillement, les gares ferroviaires et les dépôts poussent comme des champignons après une pluie abondante. Notons en passant que la première locomotive construite au Canada fut celle de Simcoe and Huron, en opération dès 1853.

De petites villes deviennent célèbres dès qu’on annonce leur sélection comme centre de services et d’entretien ferroviaire. Leur population est employée désormais dans l’industrie du rail. L’architecture des villes canadiennes en dépend également, puisque les voies, les cours de triage, les gares, les dépôts en font un élément majeur du paysage urbain. Autour de la place de la gare, des hôtels sont érigés, des quartiers résidentiels se forment et les industries se concentrent.

Il ne faut pas oublier les ponts et les tunnels, ainsi que de nombreuses inventions, telles que le premier système de freinage efficace au monde, conçu par le canadien W.A. Robinson en 1868 ; le chasse-neige rotatif à turbine (mentionné ci-dessus) inventé par J.W. Elliott et perfectionné par O. Jull ; le système de fuseaux horaires inventé par Sir Sandford Fleming, ingénieur ferroviaire canadien. Ce système permet de remédier au problème posé par les différences d’heures d’une localité à l’autre.

Le temps est venu au Canada pour un projet plus ambitieux et audacieux: la création d’une voie transcontinentale qui reliera l’Atlantique au Pacifique.

Naissance du Canadian National

Après la construction de la première voie ferrée du Canadian Northern Railway (CNR), d’autres lignes surgissent dans l’Ouest canadien. Les chemins de fer assurent la communication entre un grand nombre de jeunes communautés, telles que Regina, Saskatoon, Prince Albert, Edmonton et bien d’autres. Naturellement, l’Est du Canada est désormais relié à ces régions. Notons aussi que le terminus de l’Est se trouve à Montréal, mais des lignes secondaires partent vers le reste du Québec et vers les Maritimes.

Cependant cette ligne ne comble pas tous les besoins d’une économie en pleine croissance. Pour construire un nouveau chemin de fer, des investisseurs privés, les provinces et l’état canadien rassemblent plus d’un quart de milliard de dollars de l’époque, en grande partie sous forme d’obligations garanties des gouvernements fédéral et provinciaux.

Le premier ministre du Canada, Wilfrid Laurier, réussit à attirer dans l’entreprise la compagnie du Grand Trunk qui refusait jusqu’alors de prendre part à l’expansion des chemins de fer vers l’ouest.

La construction du Chemin de fer National Transcontinental (CFNT) débute en 1905. Le premier tronçon est orienté vers l’ouest à partir de Winnipeg. Le tracé traverse également de vastes étendues désertes du nord du Québec et de l’Ontario dans l’espoir d’y favoriser le développement. La ligne est achevée en 1913. À la même époque, de 1906 jusqu’en 1914, le Grand Trunk construit une ligne secondaire qui traverse la spectaculaire vallée de la Rivière Skeena et qui va jusqu’à Prince Rupert, en Colombie-Britannique.

Cependant des rumeurs de favoritisme dans la construction du CFNT se font entendre. Une crise s’ensuit. La Première Guerre mondiale assène le coup de grâce au développement des chemins de fer en mettant fin à l’immigration et en tarissant les sources de financement. En 1916, une commission d’enquête est désignée par le Parlement canadien. La commission est dirigée par sir Henry Drayton et par le financier britannique W.M. Acworth. En mai 1917, la commission recommande la nationalisation immédiate de tous les chemins de fer du Canada, à l’exception des lignes américaines et de quelques autres lignes secondaires. C’est la naissance du Chemin de fer Canadien National, que nous connaissons sous les initiales CN.

Premier chemin de fer transcontinental

Au Canada, l’expansion ferroviaire débute vraiment avec l’avènement de la Confédération, en 1867. En effet, un système de communication efficace et sécuritaire est essentiel à la survie du nouveau pays. De fait, la Loi constitutionnelle de 1867 stipule la construction de l’Intercolonial Railway qui devra atteindre l’Ouest, sans toutefois arriver en Colombie-Britannique qui ne fait pas encore partie de la Confédération. Le tracé de cette route témoigne de l’intention d’utiliser le chemin de fer afin de consolider le Canada. Effectivement, l’impératif politique l’emporte sur l’économie: le projet de l’Intercolonial évite le territoire américain même quand un passage sur ce territoire est logique du point de vue économique, alors que les États-Unis ne s’opposent évidemment pas à ces détours.

En 1871, la Colombie-Britannique entre dans la Confédération, attirée par la promesse de l’arrivée du chemin de fer transcontinental au cours de la décennie suivante.

Le projet du chemin de fer transcontinental est tellement vaste que l’aide et la supervision du gouvernement canadien est absolument nécessaire. L’Intercolonial devient la propriété du gouvernement fédéral. Sir Sandford Fleming, grand ingénieur de l’époque, est chargé de sa construction. L’Intercolonial est donc achevé en 1876. Cependant, cette ligne n’atteint pas la Colombie-Britannique.

Le contrat de construction de la première ligne transcontinentale, d’une longueur de 1600 kilomètres, est signé le 21 octobre 1880 avec la compagnie de chemin de fer Canadien Pacifique. Cette entreprise est dirigée par George Stephen.

Le dernier crampon de la ligne est posé le 7 novembre 1885. Les travaux se terminent en mai 1886. Le premier train de voyageurs quitte Montréal le 28 juin 1886 pour arriver à Port Moody, en Colombie-Britannique, le 4 juillet. Il s’agit de l’un des plus grands exploits du génie civil de l’époque.

Le 23 mai 1887, la ligne arrive à Vancouver.

Le chemin de fer transcanadien a eu un impact déterminant sur la colonisation de l’Ouest du Canada et sur le développement de Winnipeg, de Vancouver et de plusieurs autres villes qui lui doivent pratiquement leur existence. Il favorise l’immigration vers l’ouest et le développement spectaculaire de l’agriculture des Prairies, qui dépend également du passage des trains.

La réalité prouve toutefois que la première voie ferrée transcanadienne est insuffisante pour assurer les besoins économiques et politiques du pays. Une troisième étape d’expansion ferroviaire s’avère donc nécessaire.

À peine au début de sa brillante carrière, il a déjà conquis des avenues et des boulevards. Léon Bloy, Le Désespéré (1886). Photographie du musée des chemins de fer de Toronto par Megan Jorgensen.
À peine au début de sa brillante carrière, il a déjà conquis des avenues et des boulevards. Léon Bloy, Le Désespéré (1886). Photographie du musée des chemins de fer de Toronto par Megan Jorgensen.

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