Beethoven composa pour le Québec !
Helmut Kallmann, dans Encyclopédie de la musique au Canada, relate que le 16 décembre 1825, jour de son 55e anniversaire, Beethoven reçoit la visite d’un jeune professeur de musique de Québec, nommé Théodore Friedrich Molt.
Les paroles adressées par Molt à Beethoven ont été retrouvées dans les cahiers de conversation auxquels le compositeur, complètement sourd à ce moment-là, avait recours pour communiquer : les visiteurs y écrivaient la question, Beethoven leur répondait de vive voix.
Comme «souvenir», Beethoven griffonna sur une feuille de papier un petit canon à deux voix, en do majeur, de dix mesures, d’une durée de 57 secondes, sur les mots « Freu dich des Lebens » traduction libre : « Profite bien de la vie ». Sauf erreur, il s’agit là du seul contact qu’ait eu Beethoven avec l’Amérique.
Après son retour à Québec, Molt devient organiste de la basilique. Plus tard, il vécut à Montréal et mourut à Burlington, Vermont, en 1856.
Le petit canon ne figure pas dans les oeuvres publiées de Beethoven, mais on en trouve la mention au catalogue de Kinsky et Halm où sont inscrites les oeuvres ne portant pas de numéro d’opus.
Propriété d’un des fils de Molt, le manuscrit fut acquis par un antiquaire de Berlin en 1933, mais revint au lieu de sa destination première puisqu’il fut acheté en 1966 à New York par un collectionneur montréalais, Lawrence Lande, lequel le vend en 1979 à la Bibliothèque Nationale du Canada.

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